A Jérusalem, un premier vendredi de prière plutôt calme depuis le plan Trump

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Un enfant joue sur l'esplanade des mosquées, à Jérusalem, le 31 janvier 2020
Un enfant joue sur l'esplanade des mosquées, à Jérusalem, le 31 janvier 2020
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© AFP, AHMAD GHARABLI

, publié le vendredi 31 janvier 2020 à 20h19

La première prière hebdomadaire sur l'esplanade des Mosquées depuis l'annonce du projet de Donald Trump pour un règlement du conflit au Moyen-Orient s'est déroulée dans un calme relatif vendredi malgré le rejet de ce plan par les Palestiniens.

L'un des motifs de ce rejet est le statut même de Jérusalem, dont la partie palestinienne est occupée et annexée par Israël, mais que Washington estime dans son plan être la capitale "indivisible" de l'Etat hébreu.

Peu après l'aube, la police a dispersé des Palestiniens scandant des slogans pro-arabes sur l'esplanade des Mosquées, appelée Mont du Temple par les Juifs. 

La police a déployé des renforts dans plusieurs secteurs de la ville Sainte, épicentre mondial des monothéismes, où des milliers de Palestiniens ont participé à une grande prière sans agitation. 

"Nous ne voulons pas que la situation dégénère comme en Syrie... ou en Irak", en référence aux conflits dans ces pays, a déclaré le grand mufti de la mosquée Al-Aqsa, Muhammed Ahmad Hussain, selon un journaliste de l'AFP sur place. 

Après la prière, aucun accrochage avec la police n'a été observé pour ce vendredi considéré par des observateurs comme un baromètre de la contestation populaire au projet du président Trump.  

L'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens a estimé que le plan américain a plongé de nombreux Palestiniens "en état de choc" et dit craindre une "escalade des violences".

- La vallée des hésitations -

Le plan américain propose de créer une capitale d'un éventuel Etat palestinien à Abou Dis, un faubourg de Jérusalem. Les Palestiniens, eux, veulent faire de l'ensemble de Jérusalem-Est la capitale de leur Etat.

Dans son projet, Donald Trump prévoit aussi l'annexion de l'ensemble des colonies israéliennes et de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.

Dans la foulée de l'annonce mardi du plan à Washington par M. Trump, avec à ses côtés le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, des responsables israéliens ont indiqué que le projet d'annexion allait être présenté dès dimanche au gouvernement israélien.

Mais la situation semblait moins claire vendredi. 

L'ambassadeur américain à Jérusalem, David Friedman, a affirmé qu'Israël pouvait annexer "sans attendre" les colonies mais le gendre de Donald Trump et architecte du plan, Jared Kushner, a dit souhaiter que le gouvernement "attende après les élections" du 2 mars en Israël.  

Les deux options ne remettent toutefois pas en cause le projet d'annexion de la vallée du Jourdain, où l'armée a déployé des renforts cette semaine.

Ce déploiement a renforcé pour certains l'idée d'une annexion rapide de cette vaste vallée agricole qui compte pour environ 30% de la Cisjordanie, située à la lisière de la Jordanie. Mais des sources militaires ont soutenu que les renforts étaient liés aux manifestations palestiniennes contre le plan.

- Roquettes, mortiers de Gaza -

Des heurts entre manifestants et forces israéliennes ont fait au moins une trentaine de blessés palestiniens depuis mardi en Cisjordanie, où la contestation a été toutefois limitée.

A Gaza, enclave séparée géographiquement de la Cisjordanie et contrôlée par les islamistes palestiniens du Hamas, des milliers de Palestiniens ont manifesté ces derniers jours.

Ils portaient un écusson avec l'inscription "La lisafqat al-Qarn (Non à l'accord du siècle en arabe)", sobriquet du plan Trump qui prévoit de "démilitariser" Gaza et de la relier par un corridor à une Cisjordanie amputée. 

Dans la nuit, des roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël qui a répliqué avec des frappes sur des "positions" du Hamas, selon l'armée. 

Vendredi après-midi, l'armée israélienne a dit avoir frappé des positions du Hamas après trois tirs de mortier depuis l'enclave vers Israël.

- "Trahison" -

Les leaders palestiniens, qui n'ont pas été associés au plan américain, ont condamné à l'unisson ce projet rédigé, selon eux, de la main d'Israël, et tentent de rallier des soutiens internationaux à leur cause, notamment en Europe et dans le monde arabe.

"Nous tentons d'obtenir un consensus international pour nous soutenir, pour soutenir le président (de l'Autorité palestinienne) Mahmoud Abbas et son projet de paix", a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erekat.

Vendredi, Londres a mis en garde contre toute annexion de parties de la Cisjordanie, après avoir accueilli de manière prudemment positive le plan Trump.

Les monarchies du Golfe, et des pays comme la Jordanie et l'Egypte, n'ont pas attaqué de front le projet israélien contrairement à la Turquie et l'Iran, ennemi d'Israël, qui "ne restera certainement pas silencieux", selon Ali Akbar Velayati, haut responsable iranien.

Une réunion extraordinaire des ministres arabes des Affaires étrangères est prévue samedi au Caire. "Les pays arabes qui soutiennent un tel plan commettent une trahison envers Jérusalem, ainsi que leur propre peuple et, plus important, toute l'humanité", a lancé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan. 

A Amman, des milliers de personnes ont manifesté contre le plan américain, scandant "mort à Israël".

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