A Guantanamo, Diaz-Canel dit aux "yankees" que Cuba ne se rend pas

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Le président cubain  Miguel Díaz-Canel, s'adresse aux habitants de  Caimanera, dans la province de  Guantánamo, à Cuba, le 14 novembre 2019
Le président cubain Miguel Díaz-Canel, s'adresse aux habitants de Caimanera, dans la province de Guantánamo, à Cuba, le 14 novembre 2019
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© AFP, YAMIL LAGE

, publié le jeudi 14 novembre 2019 à 22h58

"Zone ultra-sensible pour la défense", dit le panneau à l'entrée du village de Caimanera, à deux kilomètres de la base militaire américaine de Guantanamo: c'est l'endroit qu'a choisi le président cubain Miguel Diaz-Canel pour répéter jeudi aux "yankees" que Cuba ne cèdera pas aux pressions de Washington.

"Les yankees continuent de nous étrangler, mais nous résistons", a-t-il lancé à un groupe d'habitants du village, baptisé par les autorités "première tranchée anti-impérialiste" pour sa proximité avec la base.

Petit port de pêche, Caimanera et ses 10.000 habitants n'intéresseraient pas tant le chef de l'Etat s'ils n'étaient situés sur la côte ouest de la baie de Guantanamo, à seulement deux kilomètres au nord de la base navale américaine du même nom, qui occupe depuis 1903 un territoire de 117 kilomètres carrés.

De cette surface, seuls 49 kilomètres carrés sont sur la terre ferme. Le reste? De l'eau et des marécages. Et tout autour de la base navale, une zone minée.

L'entrée même à Caimanera est contrôlée par les militaires. Le village ressemble à tout autre village cubain: des rues balayées par la brise de mer, des bicyclettes et des carrioles à cheval comme moyens de transport. Sur la côte, on aperçoit des pêcheurs en train de lancer leurs filets.

On y croise régulièrement des soldats des Forces armées révolutionnaires, vêtus de l'uniforme vert olive, qui patrouillent aux abords de la baie militarisée.

- Première visite -

"Oh, c'est beau", s'exclame une dame du village, à l'arrivée du cortège présidentiel. Le chef de l'Etat y fait sa première visite depuis son arrivée au pouvoir en avril 2018, et à sa descente de voiture il est acclamé par des vivats pour ses prédécesseurs, Fidel et Raul Castro.

Miguel Diaz-Canel, qui a multiplié les voyages en province ces derniers mois pour mieux se faire connaître du grand public, s'approche des habitants, leur explique son programme, celui de ses ministres qui vont aussi être présents avec lui dans le village.

Il leur explique aussi que les Etats-Unis renforcent leur embargo contre l'île, en vigueur depuis 1962, avec un seul objectif: ils veulent "continuer à asphyxier l'économie, en pensant que ce peuple va se rendre".

Et il leur rappelle que Washington tente d'empêcher la livraison de carburant à Cuba, ce qui a provoqué de graves pénuries et obligé les autorités à mettre en place un strict plan d'économies.

Les Etats-Unis accusent le gouvernement cubain d'opprimer son peuple, avec un système de parti unique - le Parti communiste - qui n'admet aucune opposition, et de soutenir militairement le Venezuela de Nicolas Maduro.

- "Nous allons résister" -

"Toutes les semaines apparaît une nouvelle mesure", assure le président Diaz-Canel. Le gouvernement cubain en a comptabilisé plus de 180 depuis juin 2017.

Parmi elles, l'activation en mai de la loi américaine Helms-Burton, qui menace de poursuites des entreprises étrangères présentes sur l'île. Des géants comme American Airlines, Carnival et Amazon sont depuis dans le viseur de la justice.

"A Cuba, nous allons résister, nous ne nous rendrons jamais, et avec le soutien de tous, nous allons continuer à développer nos idées, nos concepts et le pays continuera d'avancer", a promis le chef de l'Etat.

Cuba exige des Etats-Unis qu'ils lui rendent ce territoire, qui abrite depuis 2002 un centre de détention pour "combattants ennemis" ouvert dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" lancée par le président d'alors, Georges W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001.

Au plus fort de son activité, cette prison, dont les conditions de détention ont été souvent décriées, a hébergé jusqu'à 680 détenus, mais actuellement ils ne sont plus que 40.

Le président Barack Obama avait entamé les démarches pour fermer ce centre controversé, mais son successeur Donald Trump a signé en janvier 2018 l'ordre donné au Pentagone de le garder ouvert.

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