A Gibraltar, un référendum sur la législation anti-avortement

Chargement en cours
Des personnes installent une banderole pour le "oui" à l'avortement à l'entrée d'un bureau de vote, le 24 juin 2021 à Gibraltar
Des personnes installent une banderole pour le "oui" à l'avortement à l'entrée d'un bureau de vote, le 24 juin 2021 à Gibraltar
1/3
© AFP, JORGE GUERRERO
A lire aussi

publié le jeudi 24 juin 2021 à 17h26

Les habitants du petit territoire britannique de Gibraltar sont appelés à se prononcer jeudi, lors d'un référendum, sur un léger assouplissement de la législation sur l'avortement, l'une des plus dures au monde.

Les bureaux de vote ont ouvert à 09H00 locales (07H00 GMT) et fermeront à 22H00 (20H00 GMT).

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est actuellement interdite -sauf si c'est une question de vie ou de mort pour la mère- et passible de la prison à vie dans cette petite enclave britannique de 32.000 habitants à l'extrême sud de l'Espagne. 

En se dirigeant vers le bureau de vote du Inces Hall theatre, les électeurs passaient devant deux banderoles: l'une avec l'échographie d'un fœtus disant "Leur vie est entre vos mains. Votez non !" et une plus petite pancarte verte disant "Oui aux soins, à la compassion et au changement".

Ce référendum, qui se tient à l'initiative du gouvernement local et polarise l'opinion, était initialement prévu en mars 2020 mais avait été repoussé à la dernière minute à cause de la pandémie de Covid-19.

La réforme approuvée par le parlement local et soumise à référendum prévoit qu'une femme puisse avorter jusqu'à 12 semaines de grossesse mais seulement si sa santé mentale ou physique est jugée en péril, par exemple en cas de viol ou d'inceste, et au-delà si le dommage potentiel est considéré grave et permanent.

Elle ne prévoit pas de limite dans les cas d'anomalie pouvant se révéler fatale pour le fœtus. 

Dans les autres cas, l'avortement reste interdit.

Les médecins pourront avancer une objection de conscience pour refuser de pratiquer une IVG.

Jusqu'à présent, les femmes vivant à Gibraltar et souhaitant avorter devaient se rendre en Espagne ou au Royaume-Uni.

"Il est très important de donner de la valeur à chaque vie, et oui, bien sûr, les femmes ont des droits, mais les bébés aussi", a déclaré à l'AFPTV Marie-Luisa Bruzon, retraitée de 67 ans, après avoir voté contre.

A l'inverse, Celina Victory, 19 ans, milite pour le "oui" à cette réforme:  "il y a un large éventail de motifs avant 12 semaines, ce qui est bien et nous n'avons pas de problème avec cela. C'est toujours plus strict que la plupart des législations en Europe". 

Durant la campagne du référendum, le chef du gouvernement local Fabian Picardo et deux autres chefs de partis ont publié une vidéo invitant les habitants à voter "oui" lors du référendum.

"Il est dans l'intérêt de Gibraltar de voter oui jeudi 24 juin", a dit sur Twitter M. Picardo, qui a qualifié la loi actuelle d'"archaïque". 

Cette réforme fait suite à une décision de la Cour suprême britannique de juin 2018 qui avait estimé que la législation d'Irlande du nord, interdisant l'IVG dans presque tous les cas et proche de celle de Gibraltar, était contraire à la Convention européenne des droits de l'Homme.

L'avortement a depuis été libéralisé en Irlande du nord.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.