A Fatima, la pandémie de Covid-19 au coeur des prières des pèlerins

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Des fidèles regroupés dans des cercles distanciés tracés au sol pour le pèlerinage à Fatima au Portugal le 12 mai 2021
Des fidèles regroupés dans des cercles distanciés tracés au sol pour le pèlerinage à Fatima au Portugal le 12 mai 2021
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© AFP, PATRICIA DE MELO MOREIRA

publié le jeudi 13 mai 2021 à 13h06

Les bras croulant sous le poids des cierges qu'elle s'apprête à allumer dans l'énorme brûloir du sanctuaire de Fatima, au centre du Portugal, Rosalina Barros fait partie des nombreux pèlerins qui ont adressé mercredi leurs prières aux victimes du coronavirus. 

Venue comme tous les ans dans la ville située à 130 km au nord de Lisbonne depuis Madère, archipel portugais dans l'Atlantique au large des côtes du Maroc, cette femme de 61 ans a honoré mercredi une promesse liée au Covid-19 au cours de son pèlerinage.

"Cette année, je viens remercier la Vierge Marie d'avoir épargné plusieurs membres de ma famille qui ont été contaminés par le coronavirus", confie-t-elle à l'AFP avec son fort accent insulaire.

Lors de ce premier pèlerinage de l'année, annulé en 2020 en raison de la pandémie, les organisateurs ont fixé l'affluence maximale à 7.500 fidèles afin de faire respecter la distanciation sociale dans l'enceinte à ciel ouvert qui, d'habitude, peut accueillir jusqu'à 300.000 personnes.

Cette limite a créé pendant les deux jours de célébrations plusieurs grappes de fidèles agglutinés aux différentes entrées du sanctuaire et arrivés trop tard pour avoir le droit à une place à l'intérieur. 

Masqués et dispersés tout le long de l'esplanade de plusieurs centaines de mètres située devant la basilique de Notre-Dame du Rosaire, les quelques milliers de pèlerins ont dû se relayer pour exprimer leur foi en allumant des cierges ou en priant devant la Chapelle des apparitions, érigée à l'endroit où trois jeunes bergers ont affirmé avoir vu la Vierge en 1917.

Selon la tradition catholique, Marie leur serait apparue à six reprises cette année-là, entre le 13 mai et le 13 octobre.

- 'Avoir des rêves'-

"Les temps sont durs avec cette pandémie, elle doit cesser et comme le pèlerinage a été annulé l'an dernier, nous voulions vraiment le faire cette année pour le demander", dit Elsa Pacheco, banquière de 51 ans, visiblement émue en compagnie des 17 autres pèlerins qui ont parcouru 130km en trois jours dans le but de rallier le sanctuaire.

A la nuit tombée, l'esplanade s'est illuminée d'une multitude de cierges brandis en silence par les fidèles, debout ou assis sur des chaises pliantes, pendant la traditionnelle procession aux flambeaux, temps fort des célébrations de mai qui a lieu le soir du premier jour.

A cause des restrictions sanitaires, ces derniers y ont assisté dans des cercles peints sur le sol à intervalles réguliers où pouvaient prendre place quatre personnes maximum.

"Le monde fatigué par la pandémie qui dure encore a besoin que nous prenions le risque d'avoir des rêves (...) osez rêver un monde meilleur", a exhorté dans son homélie le cardinal portugais M. José Tolentino Mendonça qui présidait à la messe dans la matinée pluvieuse de jeudi depuis l'autel monté sur le parvis de la basilique de Fatima, l'un des sites mariaux les plus fréquentés au monde à l'instar de Lourdes en France.

Après six mois d'état d'urgence sanitaire et un hiver meurtrier où il est resté plusieurs semaines au premier rang mondial pour le nombre de nouvelles contagions par rapport à sa population de 10 millions d'habitants, le Portugal a entamé le 1er mai la dernière étape d'un déconfinement graduel qui, pour l'heure, n'a pas provoqué un regain de l'épidémie de Covid-19.

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