A Christchurch, des habitants au "coeur brisé" et "solidaires"

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Des habitants de Christchurch en Nouvelle-Zélande près d'une zone bouclée par la police après l'attaque d'une mosquée le 15 mars 2019
Des habitants de Christchurch en Nouvelle-Zélande près d'une zone bouclée par la police après l'attaque d'une mosquée le 15 mars 2019
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© AFP, Tessa BURROWS

AFP, publié le vendredi 15 mars 2019 à 14h32

"Nos coeurs sont brisés": à Christchurch, paisible ville néo-zélandaise endeuillée vendredi par l'attaque de deux mosquées, de nombreux habitants étaient en état de choc mais déterminés à rester "solidaires".

Quelques heures à peine après l'assassinat de 49 personnes dans la mosquée du centre-ville Masjid al Noor et celle, plus petite, à Linwood, en banlieue, des membres de la communauté musulmane se sont réunis dans un silence pesant au parc Hagley. 

"C'est le lieu le plus paisible, le plus charmant de la planète, et il va le rester", confie d'une voix calme à l'AFP un Palestinien qui a préféré garder l'anonymat, alors que les rues habituellement tranquilles de la ville étaient envahies par des patrouilles de police armées. 

Pendant quelques minutes, durant la prière du vendredi, Christchurch, surnommée la "cité jardin", a été le théâtre d'un déchaînement de haine, quand un tireur a ouvert le feu sur des fidèles tôt dans l'après-midi.

Les magasins et entreprises ont été fermés, les écoles barricadées et les sirènes ont retenti partout. Des véhicules de police ont afflué vers les mosquées tandis que les ambulances transportaient les victimes vers l'hôpital de Christchurch, situé de l'autre côté du parc Hagley.

De nombreux parents d'enfants participant avec leurs amis à une manifestation pour le climat dans le quartier sont restés des heures dans les affres, craignant le pire alors que la ville était bouclée.

- Une gerbe de fougère argentée -

Cet attentat a fait plus de meurtres en un jour que ce que connaît le pays en une année. Mais nombre de Néo-Zélandais exprimaient l'espoir que cette tragédie ne change pas leur société, ouverte sur le monde.

Une habitante en larmes, Wendy Johnson, se tient avec son mari Andy près du cordon de sécurité établi par la police près du parc Hagley pour déposer une gerbe de fougère argentée - plante symbole du pays - et des lys en mémoire des victimes, à la nuit tombée. 

"Nous avons coupé la fougère argentée dans notre jardin pour faire savoir à toute notre communauté musulmane que nos cœurs se sont brisés pour eux aujourd'hui et nous nous tenons à leur côté et sommes solidaires", explique Wendy Johnson.

"Ils devraient être en sécurité pour prier où ils le veulent. C'est incroyable. On ne peut pas tolérer cela dans notre société".

La Première ministre Jacinda Ardern a évoqué "l'une des journées les plus sombres de la Nouvelle-Zélande", tandis que la maire de la ville, Lianne Dalziel, sous le choc et les larmes aux yeux, a appelé à l'unité. "Le pire s'est produit, nous devons nous rassembler et nous sortir de cette situation", a-t-elle lancé. 

Christchurch a connu d'autres tragédies: il y a huit ans, 185 personnes ont été tuées dans un violent séisme qui a détruit une grande partie du centre-ville, le 22 février 2011.

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