380.000 morts, des millions de réfugiés... La Syrie, en guerre depuis 10 ans

380.000 morts, des millions de réfugiés... La Syrie, en guerre depuis 10 ans
Des civils évacuent de jeunes victimes après l'explosion d'une voiture piégée, le 31 janvier 2021 à Azaz, dans la province d'Alep (Syrie).
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, publié le lundi 15 mars 2021 à 14h30

CHRONOLOGIE. Le 15 mars 2011, débutait le mouvement de contestation contre le pouvoir.

Retour sur les étapes-clés du conflit en Syrie, déclenché par la répression de cette révolte populaire, qui s'est transformée en guerre dévastatrice.




Cette guerre, impliquant une multitude d'acteurs régionaux et internationaux ainsi que des groupes jihadistes, a fait plus de 387.000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes. Aujourd'hui, les combats ont baissé en intensité mais les plaies restent grandes ouvertes et la paix lointaine. 




Lundi, à l'occasion de ce 10e anniversaire, Emmanuel Macron a de nouveau plaidé pour "une solution politique, la seule possible", dans un conflit resté jusqu'ici sans issue. "Au peuple syrien je veux dire : nous n’abandonnerons jamais ce combat", écrit le président français sur Twitter. "Nous restons à ses côtés pour répondre aux besoins humanitaires, défendre le droit international, lutter contre l’impunité, trouver enfin une solution politique, la seule possible". 

Une rébellion réprimée dans le sang 

Le 15 mars 2011, dans le sillage du Printemps arabe, un mouvement de protestation éclate en Syrie, gouvernée d'une main de fer depuis quarante ans par la famille Assad, Bachar ayant succédé en 2000 à son père Hafez.

De petites manifestations sont dispersées à Damas. Mais c'est à Deraa (sud), où une quinzaine d'adolescents ont été torturés pour avoir peint des graffitis anti-régime, que le mouvement prend de l'ampleur. Les manifestations, qui s'étendent à d'autres villes, sont réprimées.

En juillet, un colonel réfugié en Turquie crée l'Armée syrienne libre, composée de civils ayant pris les armes et de déserteurs de l'armée.

La nouvelle rébellion armée va progressivement conquérir d'importants bastions, notamment des secteurs de Homs (centre) ou des quartiers d'Alep (nord).

En mars 2012 à Homs, l'armée reprend le quartier rebelle de Baba Amr après un mois de siège. Plusieurs opérations sanglantes avaient été menées, notamment à Hama (centre), après des manifestations anti-régime.




En juillet, des rebelles lancent la bataille de Damas. Le gouvernement garde le contrôle de la capitale mais des zones de sa banlieue tombent.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) et des militants dénoncent l'utilisation de "barils d'explosifs" remplis de TNT largués par l'armée de l'air.

Le Hezbollah et l'Iran soutiennent le régime

En avril 2013, le mouvement chiite libanais Hezbollah reconnaît son engagement aux côtés d'Assad, issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme. Il envoie des milliers de combattants. L'Iran mobilise au côté du régime des troupes d'élite et des miliciens étrangers.

Attaque chimique 

En août 2013, une attaque chimique imputée au régime dans des zones rebelles près de Damas fait plus de 1.400 morts, selon Washington. 

Le président Barack Obama, qui en avait fait une ligne rouge, renonce à des frappes punitives, scellant avec la Russie un accord de démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

Le "califat" de l'EI

En juin 2014, le groupe Etat islamique (EI) proclame un "califat" sur de vastes territoires conquis en Syrie et en Irak.

En septembre, une coalition internationale dirigée par Washington lance ses premières frappes contre l'EI en Syrie.

Soutenues par cette coalition, des forces arabo-kurdes vont progressivement s'imposer face aux jihadistes, chassant l'EI de Raqa, puis s'emparant en mars 2019 de son ultime bastion syrien, Baghouz (est).

La Russie entre en scène

En septembre 2015, Moscou entame une campagne de frappes aériennes en soutien aux troupes du régime, en grande difficulté. L'intervention va remettre en selle le régime. La rébellion enchaîne les revers.

Après des offensives et un siège impitoyable, le régime reprend notamment fin 2016 la totalité d'Alep avant de reconquérir la Ghouta orientale, près de Damas, en 2018.

En avril 2017, une attaque au gaz sarin, imputée au régime, tue plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (ouest). En représailles, le président américain Donald Trump ordonne des frappes sur la base aérienne d'Al-Chaayrate (centre).

Engagement de la Turquie dans le conflit

En avril 2018, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni mènent des frappes contre des positions militaires du régime en réaction à une attaque chimique près de Damas.

Le 9 octobre 2019, la Turquie - qui a mené depuis 2016 deux opérations dans le Nord syrien - profite d'un retrait américain pour lancer avec des supplétifs syriens une offensive contre des forces kurdes. L'opération permet à Ankara de s'emparer d'une bande frontalière de 120 kilomètres en territoire syrien.

En décembre 2019, le pouvoir, appuyé par Moscou, lance une nouvelle offensive pour reconquérir Idleb (nord-ouest), ultime grand bastion jihadiste et rebelle.




En mars 2020, la trêve décrétée après un accord russo-turc stoppe l'offensive du régime. 

Le 24 février 2021, la justice allemande condamne un ancien membre des services de renseignement syrien à quatre ans et demi de prison pour "complicité de crimes contre l'humanité". C'est la première fois dans le monde qu'un tribunal se prononce sur un dossier lié aux exactions imputées au régime.

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