Législatives : le retour de Manuel Valls en politique agace la majorité et l’opposition

Législatives : le retour de Manuel Valls en politique agace la majorité et l’opposition
Interview de Manuel Valls à Madrid, le 12 mai 2022

publié le vendredi 13 mai 2022 à 17h45

De retour sur le devant de la politique française, l'ancien Premier ministre "veu(t) faire bénéficier les Français de (s)on expérience et de (s)on influence". 

Manuel Valls est de retour en politique, quatre ans après avoir quitté la vie politique française pour une aventure à Barcelone qui a viré au fiasco. Son investiture aux législatives pour représenter les Français de l'étranger fait grincer des dents.


"Ma seule candidature a mis les projecteurs sur les Français de l'étranger", explique Manuel Valls, investi par la majorité présidentielle dans la petite cinquième circonscription des Français de l'étranger, qui regroupe l'Espagne, le Portugal, Monaco et Andorre. Soit environ 120.000 électeurs inscrits.

Pour cet ancien poids lourd du parti socialiste, qui avait quitté coup sur coup en 2018 l'Assemblée nationale pour tenter de conquérir en vain la mairie de Barcelone, sa ville natale, puis en 2021 son poste de conseiller municipal de la métropole catalane, il fallait en passer par les urnes pour revenir.


Se représenter dans l'Essonne, où il avait été élu à quatre reprises, mais sur le fil lors de sa dernière campagne en 2017, "n'avait pas de sens", dit-il. "J'avais passé la main. Pas plus que ça n'avait de sens dans une autre circonscription de l'Hexagone", explique-t-il. 

Sans doute d'ailleurs y aurait-il été une cible privilégiée de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes), l'alliance de gauche forgée par Jean-Luc Mélenchon autour de La France insoumise (LFI). 

"Je veux faire bénéficier les Français de mon expérience et de mon influence, de ma voix forte", martèle-t-il.  Ses thèmes de prédilection :  "la sécurité, la laïcité, le vivre-ensemble, l'égalité femmes-hommes", n'ont pas changé. 

Une candidature qui fait réagir 

L'annonce le 5 mai de son investiture pour les législatives de juin a fait l'effet d'une bombe dans cette cinquième circonscription, surtout chez les Français résidant en Espagne. Stéphane Vojetta, le député sortant, qui portait les couleurs de La République en marche (LREM), a décidé de se maintenir et se présente comme le candidat "naturel refusant les parachutages et les soubresauts de l'ancien monde", tout en restant "un soutien loyal" d'Emmanuel Macron. 

L'ancien Premier ministre, lui, ne semble pas inquiet par cette candidature "dissidente", alors que les Français d'Espagne ont voté à 83,6% pour Emmanuel Macron le 24 avril, même s'il reconnaît que "rien n'est gagné d'avance". Et de pointer du doigt un seul adversaire: "le mélenchonisme". 

"Valls, un ajout pour la majorité" 

Au sein de la majorité, Manuel Valls bénéficie de nombreux soutiens, à l'instar de Stanislas Guérini, le patron de LREM: "Sa voix porte. Tout le monde n'a pas été Premier ministre. A ce titre, c'est un atout pour la majorité". 

Guillaume Gouffier-Cha, député LREM du Val-de-Marne, en convient, estimant que la voix de Manuel Valls "compte encore, notamment dans ces moments de crise internationale". 

Manuel Valls promet qu'en cas d'échec, il ne sera "ni dans l'aigreur, ni dans l'amertume, ni dans la rancœur". 

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