Yvelines : un agent des impôts accusé d'apologie du terrorisme

Yvelines : un agent des impôts accusé d'apologie du terrorisme
Un agent des impôts est accusé d'apologie du terrorisme (photo d'illustration).

, publié le dimanche 14 août 2016 à 17h17

Un agent des impôts des Mureaux (Yvelines) a été mis en examen et écroué vendredi soir à Versailles, selon Le Parisien. Il est soupçonné d'avoir fait l'apologie du terrorisme et d'avoir consulté régulièrement des messages et des sites "de nature à provoquer des attentats".

Selon le quotidien, ce sont ses collègues de travail qui ont donné l'alerte le 27 juillet, au lendemain de l'assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

Ils affirment que leur collègue aurait mimé un geste d'égorgement en apprenant l'information et aurait déclaré : "C'est bien que le père puisse aller rejoindre son fils (Jésus-Christ, ndlr)". L'homme, âgé de 38 ans, aurait également évoqué des bombardements meurtriers de la coalition occidentale en Syrie.

DES "RAGOTS" ET UNE PROCÉDURE "VIDE DE PREUVES"

Les policiers ont mené des perquisitions chez le suspect dans le XVe arrondissement et à son domicile familial à Roubaix (Nord). Selon Le Parisien, les enquêteurs n'ont rien trouvé de notable excepté une série de CD-Rom toujours non exploités. Le trentenaire devait normalement être jugé en comparution immédiate mais les magistrats ont estimé que la qualification du parquet était insuffisante, explique 78actu. Son avocate, Me Julie Barrère, s'est dite "choquée" par une procédure "absurde" et "vide de preuves".


"On est sur des ragots rapportés par des collègues de travail qui ont entendu dire qu'il avait dit...", explique l'avocate. "Le site dont il est question dans la procédure n'est rien d'autre qu'un site animé par un chercheur américain qui travaille sur la géopolitique du Moyen-Orient. Il est cité comme référence par des médias tel que RFI, Le Monde ou Le Nouvel Observateur". Pour l'heure, l'agent des impôts, dont le casier est vierge, a été suspendu de ses fonctions. "Je fais confiance à la justice de mon pays pour éclaircir cette affaire", a-t-il déclaré.

Le 8 août, un homme de 31 ans avait été condamné par le tribunal correctionnel de Chartres (Eure-et-Loir) à deux ans de prison ferme pour avoir consulté de manière répétée des sites liés à la commission d'actes terroristes. Quatre jour plus tard, le tribunal correctionnel de Grenoble (Isère) avait condamné un homme de 27 ans à dix-huit mois de prison, dont neuf ferme, pour "apologie d'acte de terrorisme".

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