Yonne : pour sauver des commerces, un maire brave le confinement

Yonne : pour sauver des commerces, un maire brave le confinement
Un buste de Marianne dans une mairie (photo d'illustration).

, publié le vendredi 30 octobre 2020 à 18h00

Estimant qu'il existe une rupture d'égalité de traitement entre les petits commerces et la grande distribution, le maire de Migennes (Yonne) a pris un arrêté pour autoriser l'ouverture des commerces non-alimentaires.

Le geste sera sûrement symbolique, mais le maire LR de Migennes (Yonne) François Boucher a décidé d'alerter sur l'inégalité induite par le confinement. L'édile a pris un arrêté autorisant l'ouverture des commerces non-alimentaires du centre ville malgré les mesures de confinement, vendredi 30 octobre.


Dans cet arrêté daté de jeudi, publié sur le site internet de la commune et révélé par des médias locaux, le maire considère que "les rayons non-alimentaires et non-essentiels des supermarchés et des hypermarchés ne sont pas fermés", entraînant une "rupture d'égalité de traitement" entre la grande distribution et les petits commerces de centre ville.

Dénonçant "une pratique déloyale", François Boucher autorise les "commerces non-alimentaires du centre ville de Migennes" à rester ouverts "à compter du 30 octobre 2020 à 0h et jusqu'à ce que l'égalité de traitement soit rétablie".
Mais le préfet de l'Yonne Henri Prévost a demandé au maire de "retirer son arrêté".

La préfecture rappelle dans un communiqué qu'un maire ne peut pas "prescrire par arrêté municipal des règles contraires à un texte de portée générale, pris par le gouvernement qui s'applique à l'ensemble du territoire". Les commerçants sont aussi "dans l'obligation d'appliquer les mesures nationales".

Des commerçants en "danger de mort"

D'autres communes comme Décize (Nièvre) ou Brive-la-Gaillarde (Corrèze) ont pris des arrêtés similaires, selon la presse locale. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a estimé vendredi que les commerces de proximité contraints de fermer durant le confinement étaient "en danger de mort" malgré les aides gouvernementales. 

Pour la CPME, la décision de fermer les commerces jugés "non-essentiels" est "incompréhensible alors que les commerçants de proximité ont respecté un protocole sanitaire strict". La CPME ajoute soutenir "sans réserve" un amendement adopté par le Sénat, dominé par l'opposition de droite, qui permettrait aux préfets d' "autoriser l'ouverture de commerces de vente au détail" à titre dérogatoire, et encourage les députés à le voter également.
 

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