France

Vous adorez la belote ou le tarot ? Dites adieu à vos cartes françaises, elles seront désormais espagnoles

C'est une histoire française qui s'apprête à prendre fin. "France Cartes", le dernier fabricant français de cartes de jeux s'apprête en effet à délocaliser sa production en Espagne, rapporte TF1 Info. Un coup dur pour cette société pourtant dotée du label Entreprise du patrimoine vivant. 32 emplois sont menacés.

C'est une histoire qui dure depuis plus de 60 ans, et qui va bientôt toucher à sa fin, en France. Créée en 1962, la société "France Cartes" s'apprête à être délocalisée de l'autre côté des Pyrénées, en Espagne, rapporte TF1 info, mardi 15 août. Rachetée en 2014 à la famille Weisbuch par le groupe belge Cartamundi, la société produit des marques comme La Ducale et Grimaud, mais aussi de nombreux jeux de société. C'est un coup dur pour la ville de Saint-Max, en Meurthe-et-Moselle, dans laquelle est implantée l'usine, où près de 32 employés se retrouvent sur le carreau.

Un sentiment de gâchis

Pour les habitants de cette petite ville, la colère ne faiblit pas. la dernière entreprise française fabricante de cartes de jeux faisait la fierté locale, aujourd'hui ils gardent un goût amer de cette décision. "Le jeu de tarot, c'était une fierté qu'il soit fabriqué ici", regrette l'un d'entre eux. "Ma sœur y travaille. C'est un savoir-faire maxois. C'était un peu une fierté de savoir que les cartes qu'on produisait juste ici atterrissaient parfois dans les casinos à Las Vegas", explique un autre. Le maire de la ville, Éric Pensalfini, ne cache pas non plus sa déception. L'élu indique ainsi au Parisien : "On a tout fait pour les retenir. Mais à partir d'un moment, on touche aux limites de notre pouvoir politique".

Malgré son label Entreprise du patrimoine vivant, qui récompense les "savoir-faire artisanaux et industriels", la société fermera bien ses portes. L'entreprise avait pourtant eu le vent en poupe ces dernières années. En 2021, France Cartes justifiait d'une augmentation de 10% de son activité, profitant de la crise du Covid qui avait incité les Français à se remettre aux jeux de société. Cette année-là, 36 millions de jeux avaient été produits. Mais face à la concurrence, notamment chinoise ou indienne, la France ne peut plus rivaliser.

Les salariés, eux, devraient recevoir leur lettre de licenciement d'ici au mois de septembre.

publié le 16 août à 12h10, Kévin Comby, 6Médias

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