Vosges : le patron d'une papeterie sabote son usine

Vosges : le patron d'une papeterie sabote son usine

L'usine UPM de Docelles dans les Vosges, le 24 janvier 2014 (archive)

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Orange avec AFP, publié le lundi 23 octobre 2017 à 14h50

Le propriétaire d'une papeterie à Docelles, dans les Vosges, a préféré détruire son outil de travail plutôt que de le céder à un concurrent. L'usine, fermée depuis 2014, a prévu de mettre ses machines en vente mardi 24 octobre mais elles sont hors d'usage. L'ex-patron a en effet organisé leur sabotage pour éviter qu'elles ne soient rachetées par une entreprise rivale.

À Docelles, près d'Epinal, cela fait plusieurs années que les rotatives de la papeterie UPM sont à l'arrêt. L'usine a fermé ses portes en 2014, après 500 ans d'activité. D'ailleurs cette papeterie a longtemps détenu le record de la plus vieille usine en activité dans l'Hexagone. Aujourd'hui, plus aucune feuille de papier n'en sort. Une vente aux enchères des outils de production est prévue mardi à Epinal mais les machines sont dans un triste état. Elles ont été mises hors d'usage par l'ex-propriétaire de l'entreprise, le groupe finlandais UPM.

Après la fermeture de l'usine, qui avait laissé 162 personnes sur le carreau en janvier 2014, les anciens salariés s'étaient battus en justice pour reprendre l'usine, en vain. UPM avait refusé de le leur céder à un prix raisonnable. 

L'ex-propriétaire assume son geste

Pour Jean Kubiak, représentant du groupe UPM en France et ancien directeur de l'usine, ce sabotage des équipements doit être considéré "en fonction du contexte économique". "Les rouleaux de la machine à papier ont été percés afin d'éviter qu'un concurrent puisse les utiliser", a-t-il affirmé. Une situation qui "crée une émotion compréhensible", selon lui, mais qu'il assume : "Je ressens cette charge émotionnelle. J'étais dans cette usine. Je sais ce que ça signifie, cet attachement à un outil industriel. En même temps je sais ce que c'est de devoir vendre une tonne de papier et d'être en concurrence avec le marché mondial".

Endommager ainsi les machines, "c'est un manque de respect pour tous ceux qui ont travaillé là", a déploré Gildas Bannerot, ancien délégué CFDT, qui a travaillé à Docelles durant 37 ans. Les anciens propriétaires "auraient mieux fait de tout vendre directement à des ferrailleurs, plutôt que de les casser comme ça."

Les patrons se défendent d'être des "voyous"

En juin, l'usine a été rachetée par une société qui souhaite se débarrasser des machines. UMP assure que l'acquéreur était au courant de la situation et que les appareils étaient hors d'usage. Ce dossier n'est pas celui d'un "patron voyou qui viendrait détruire en cachette l'outil de travail", a assuré Jean Kubiak. La vente des outils de production ne devrait pas rapporter une somme mirobolante, au vu de leur état. 

 
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