Voltige aérienne: Mélanie Astles, la reine des loopings prend les commandes d'un A320

Voltige aérienne: Mélanie Astles, la reine des loopings prend les commandes d'un A320
Mélanie Astles, championne de France de voltige aérienne, à Paris, le 31 janvier 2018

AFP, publié le vendredi 20 avril 2018 à 12h00

Première femme à entrer dans le très élitiste circuit mondial de voltige aérienne en 2016, Mélanie Astles s'est invitée cette année dans un nouvel univers très masculin, celui des pilotes de ligne. Bienvenue à bord !

2018 a commencé sur les chapeaux de roues pour Mélanie Astles, une Française par sa mère mais Anglaise par son père. Ce week-end, elle renoue avec la compétition, le Red Bull Air Race, Championnat du monde de course de voltige aérienne où les athlètes slaloment à grande vitesse entre des pylônes à bord de petits engins ultra légers.

Et rien de mieux qu'une étape à la maison, à Cannes, pour se remettre dans le bain après avoir vécu des moments de folie.

Mélanie Astles a piloté un Airbus A320 dans le cadre de sa formation de pilote de ligne chez Air France. Elle a réussi à devenir l'une des quelque 300 femmes de la compagnie aux commandes d'un gros avion, sur un effectif de 4.000 pilotes.

"Pour moi c'est un milieu passionnant, un univers que je découvre, ça me fait rêver de traverser le monde sur des gros porteurs", se réjouit auprès de l'AFP cette passionnée d'aviation depuis toujours.

Il y a un mois, elle réalisait, émue aux larmes, un autre de ses grands rêves: celui de voler dans un avion Rafale, elle qui, petite, se voyait pilote de chasse.

"Je suis une passionnée d'avion de la seconde guerre mondiale. J'avais ma collection de maquettes, de cartes d'avion, je connaissais tout par coeur. Mon grand-père prenait les fiches et m'interrogeais", raconte celle qui a passé ses années collège-lycée à Monaco où elle a aussi nourri une passion pour la F1.

- Voler bas -

Collégienne brillante, elle est devenue une lycéenne rebelle. A 19 ans, elle quitte l'école sur un coup de tête. Elle se retrouve caissière dans une station-essence. Mais désireuse de reprendre son destin en mains, elle s'investit et devient gérante. Elle s'occupe ensuite d'une station située près des avions. Très vite, elle tape à la porte du club. Son épopée aérienne est relancée.

"Dès que j'ai vu le Red Bull Air Race, je me suis dit que je voulais faire ça. J'ai monté mes niveaux en voltige, ça s'est fait sur trois, quatre ans. En octobre 2015, ils m'ont appelée, j'ai fait un stage avec une sélection, ça s'est bien passé et j'ai été invitée sur le circuit en 2016", explique-t-elle.

Mélanie Astles devient alors la première femme à intégrer le prestigieux circuit, version challenger (juste avant celui des élites, le Master Class). Elles étaient sept féminines sur 70 pilotes à se présenter.

Mieux, en octobre 2017 à Indianapolis, elle remporte une étape devant les garçons.

"Il paraît que nous les femmes, on est plus souple dans le pilotage. On est plus résistante aussi. Au niveau du pilotage, les mecs sont plus agressifs. Cette fluidité et cette douceur permet d'avoir des bons résultats. Il y a des personnes qui apprécient mon style, je vais avoir tendance à faire des choses beaucoup plus simples, plus près des gens, je vais voler bas", souligne cette touche-à-tout de 35 ans.

A Cannes, la native de Rugby (ENG) sera belle et bien la star à bord "de machines fabuleuses qui font un tour et demi en une seconde". "Je peux monter à 1.500 m en 10 secondes" dit-elle.

Mélanie Astles se donne cinq ans pour écrire l'Histoire de la voltige aérienne, en profitant des aménagements mis en place avec Air France: "Je pense entrer en Master Class en 2020 et gagner le titre en 2022".

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.