Voitures brûlées : accusé de minimiser la hausse, le ministère de l'Intérieur corrige ses chiffres

Voitures brûlées : accusé de minimiser la hausse, le ministère de l'Intérieur corrige ses chiffres
Des véhicules incendiés, en octobre 2015, à Clichy-sous-Bois

Orange avec AFP, publié le lundi 02 janvier 2017 à 17h35

Après un premier bilan communiqué le 1er janvier, le ministère de l'Intérieur a apporté des précisions quant aux incidents ayant émaillé le réveillon de la Saint-Sylvestre à travers la France.

"945 véhicules ont fait l'objet de dégradations par incendie durant la nuit de la Saint-Sylvestre, certains étant totalement détruits, d'autres étant plus légèrement atteints" a indiqué le porte-parole du ministère Pierre-Henry Brandet. Dimanche soir, la Place Beauvau avait choisi de communiquer sur un autre indicateur, celui des véhicules "mis à feu", qui ne prend pas en compte compte les dégâts pouvant être causés par la propagation des flammes à d'autres voitures.

"Cette année encore, le bilan des véhicules brûlés démontre qu'aussi intolérable soit-il, le phénomène est contenu", "avec 650 mises à feu directes, là où elles étaient 602 l'an passé", était-il écrit dans un communiqué.


Ces chiffres n'ont pas convaincu dans l'opposition, notamment le Front national, qui a ainsi dénoncé "un bilan sécuritaire extrêmement flou de la nuit de la Saint-Sylvestre". Pour le parti d'extrême-droite, Bruno Le Roux "n'a pas communiqué le nombre total de véhicules brûlés et estime que le nombre de mises à feu directes de véhicules est 'contenu' alors qu'il connaît une hausse sensible de 8% sur un an".

"AUCUNE VOLONTÉ DE DISSIMULER QUOIQUE CE SOIT"

Ce lundi 2 janvier, "Les Décodeurs" du Monde publié un article intitulé "Comment Bruno Le Roux a minimisé la forte hausse du nombre de voitures brûlées", précisant qu'entre les deux dernières soirées de la Saint-Sylvestre, une hausse de 17,5% a été constatée quant aux véhicules brûlés. Le site d'information pointe du doigt le changement brutal d'indicateur en faveur de "mises à feu directes", alors que Manuel Valls et Manuel Cazeneuve s'étaient attelés à ne communiquer que sur le nombre total de véhicules incendiés.

"Il n'y a aucune volonté de dissimuler quoi que ce soit", a répondu ce lundi le porte-parole du ministère. "Le chiffre des mises à feu directes est un indicateur très pertinent, car il correspond aux faits délictuels", a-t-il précisé Pierre-Henry Brandet. "Quelle que soit la hausse, quelles que soient les dégradations (...) cela fait toujours beaucoup trop de victimes", a t-il insisté. "Ces faits ne sont pas tolérables, et leurs auteurs doivent être recherchés et répondre de leurs actes devant la justice."

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