Vitesse à 80 km/h : "L'expérimentation n'a pas permis de réduire le nombre d'accidents" selon 40 Millions d'automobilistes

Vitesse à 80 km/h : "L'expérimentation n'a pas permis de réduire le nombre d'accidents" selon 40 Millions d'automobilistes
L'abaissement à 80 km/h concernera, à partir du 1er juillet 2017, 400.000 kilomètres de routes à double sens sans séparateur central.

Orange avec AFP, publié le mardi 13 février 2018 à 17h40

Selon 40 Millions d'automobilistes, l'expérimentation de l'abaissement de la vitesse maximale à 80 km/h sur certaines routes nationales françaises "n'a pas permis de réduire le nombre d'accidents". Pire sur certaines portions, "l'accidentalité est même repartie à la hausse", écrit-elle.

Un bilan contesté par le délégué interministériel à la sécurité routière.

L'association de défense des automobilistes a publié ce mardi 13 février son propre bilan de l'expérimentation menée par l'État de juillet 2015 à juin 2017 sur trois portions de routes nationales situées dans la Drôme, la Haute-Saône et à cheval entre la Nièvre et l'Yonne. Au total, 86 kilomètres de nationales avaient été limitées à 80 km/h.



40 Millions d'automobilistes regrette "qu'aucun bilan officiel n'en a été communiqué à ce jour" malgré la promesse de l'ancien ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, de rendre cette expérimentation "transparente, honnête et rigoureuse". "Le gouvernement a toujours refusé de communiquer les données d'accidentalité recueillies au cours de l'expérimentation, d'abord en observant un mutisme suspect, puis en prétendant que l'expérimentation était 'non-concluante' sans en apporter les preuves chiffrées", explique le délégué général de l'association, Pierre Chasserey.

Bilan "très mauvais" ou "non significatif"

40 Millions d'automobilistes a donc décidé de recenser elle-même les accidents survenus sur les portions testées. Et son bilan est pour le moins négatif : "Nous avons étudié tous les accidents survenus entre 2012 et 2016 (...) et l'analyse de ces chiffres démontrent que l'abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h à partir de juillet 2015 n'a pas permis de réduire le nombre d'accidents - et plus particulièrement le nombre d'accidents mortels. Sur certains portions, l'accidentalité est même repartie à la hausse avec la mise en oeuvre de l'exprimentation", assure l'association.

Une vitesse moyenne en baisse

"Le but de cette expérimentation n'était pas de mesurer la baisse de l'accidentalité, ce qui n'a aucun sens en terme statistique sur une période aussi courte, mais de vérifier si les automobilistes roulaient moins vite", a répondu au Parisien le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe.

"Quand la vitesse moyenne baisse, y compris celle des camions, le trafic est plus fluide, vous avez plus de chance d'éviter un accident et les accidents sont généralement moins graves", a-t-il fait valoir. "C'est une vérité scientifique et c'est sur cette base que le Premier ministre a pris sa décision". La vitesse moyenne sur ces portions est tombée à 80,3 km/h contre 85 km/h auparavant.

Appel à la mobilisation

40 Millions d'automobilistes appelle tous les usagers de la route à se mobiliser pour contester la décision du gouvernement. Nom de l'opération ? "40 millions d'automobilistes, 40 millions d'électeurs". Une carte d'électeur factice est d'ailleurs disponible sur sur le site internet de l'association pour l'envoyer symboliquement à l'Élysée.



Aux côtés des membres de l'association, le sénateur (Indépendants) Alain Fouché ne décolère pas : "Cela fait trois fois que nous demandons au gouvernement de nous fournir les résultats complets de cette expérimentation et nous avons été obligés de nous tourner vers la commission d'accès aux documents administratifs pour tenter de les obtenir", a expliqué l'élu de la Vienne au Parisien. "Si nous n'y parvenons pas, nous saisirons le tribunal administratif".

L'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les 400.000 kilomètres de routes à double sens sans séparateur central (terre-plein, glissière) doit entrer en vigueur le 1er juillet. Le gouvernement espère ainsi sauver "entre 350 et 400" vies chaque année.

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