Violences sexuelles dans le patinage: une autre accusatrice de Beyer entendue

Violences sexuelles dans le patinage: une autre accusatrice de Beyer entendue
L'entraîneur de patinage artistique Gilles Beyer, le 30 janvier 1999 aux Championnats d'Europe à Prague

, publié le vendredi 21 février 2020 à 17h43

La mère de la jeune championne de patinage Nadjma Mahamoud, qui avait accusé début février l'ex-entraîneur Gilles Beyer de harcèlement sexuel et de chantage entre 2017 et 2018, a été entendue vendredi par des enquêteurs, a appris l'AFP de sources concordantes.

L'audition à la brigade de protection des mineurs, en charge de l'enquête préliminaire ouverte début février par le parquet de Paris pour "viols" et "agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité sur la victime", s'est terminée en milieu de journée, a indiqué une source judiciaire.

Cette femme a raconté début février à L'Equipe que sa fille, Nadjma, championne de France juniors en 2014, avait voulu rejoindre à l'automne 2017 le club parisien des Français volants, où officiait alors Gilles Beyer. 

Dès la prise de contact, le dirigeant "a commencé à m'envoyer régulièrement des messages obscènes", avait-elle raconté. "Presque tous les jours".

Un premier rendez-vous a lieu deux semaines plus tard en présence également de l'adolescente et d'un autre entraîneur, à l'issue duquel il lui "a touché les fesses", poursuivait cette mère.

Elle accuse Gilles Beyer d'être allé jusqu'à lui demander des faveurs sexuelles en échange de cours gratuits. "Tu couches avec moi et tu ne paies rien et je fais monter ta fille à haut niveau...", lui aurait-il proposé. "Il savait que j'avais peu de moyens, il a voulu profiter de la situation. Je me sentais humiliée", racontait la mère de famille.

"Aucun commentaire. Mon client se tient à la disposition de la justice", a répondu à l'AFP l'avocat de Gilles Beyer, Me Thibault de Montbrial.

Gilles Beyer est aussi accusé par deux patineuses, dont l'ancienne championne Sarah Abitbol, de viols et d'agressions sexuelles ayant eu lieu entre la fin des années 1970 et le début des années 1990. 

Sarah Abitbol a été entendue lundi par les enquêteurs.

Gilles Beyer, 62 ans, a reconnu dans une déclaration écrite à l'AFP "des relations intimes" et "inappropriées" avec Sarah Abitbol, lui présentant des "excuses" aussitôt refusées par celle-ci.

La révélation de ce scandale a provoqué la démission sous pression du patron historique de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet.

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