Violences scolaires : 442 incidents graves par jour en France

Violences scolaires : 442 incidents graves par jour en France
46% des collégiens affirment avoir été témoins de violences, selon une enquête de l'Afev publiée par Le Parisien le 20 septembre 2017 (photo d'illustration).
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Orange avec AFP, publié le mercredi 20 septembre 2017 à 17h56

ENQUÊTE. Près de la moitié des collégiens ont déjà été témoins "d'actes de cruauté ou d'humiliation" entre élèves, selon une étude publiée mercredi par Le Parisien.

Plus de la moitié n'en parlent jamais.

Quarante-six pour cent des collégiens affirment avoir été témoins au moins une fois "d'actes de cruauté ou d'humiliation" entre élèves, selon une enquête de l'Association de la Fondation étudiante pour la ville (Afev) que révèle Le Parisien mercredi 20 septembre. Pour cette enquête, 447 collégiens ont été interrogés, tous scolarisés en réseau d'éducation prioritaire (ex-ZEP). Un adolescent sur cinq dit avoir déjà subi des violences physiques ; 40% se plaignent de moqueries et d'insultes. Pourtant, plus de la moitié ne parlent jamais des violences dont ils sont la cible.



• PAS DE DONNÉES GÉOGRAPHIQUES POUR ÉVITER LA STIGMATISATION

Selon les calculs du quotidien, 442 incidents graves sont recensés dans les collèges et lycées chaque jour en France. "Ce chiffre, issu de nos propres calculs, a été établi à partir des données de la Direction de l'évaluation de la prospective et de la performance (DEPP). Cet organisme, qui dépend du ministère de l'Éducation, recense 12,8 incidents pour 1.000 élèves par an. Sachant qu'il y a 5,6 millions d'élèves dans le secondaire et 162 jours de classe par an, cela donne le chiffre de 442", précise Le Parisien. Le ministère refuse de fournir des précisions géographiques ou les données par établissement, par crainte de stigmatisation.

Pourtant, le chiffre de 442 actes de violences par jour pourrait être minoré. "Le phénomène de la violence scolaire est sousestimé, et il l'est depuis toujours. Une partie des incidents ne sont pas déclarés : certains établissements n'ont pas intérêt à dire qu'il y a des problèmes chez eux, et tous n'ont pas le même seuil de tolérance", explique au Parisien Claude Lelièvre, historien de l'éducation.

• QUOTIDIEN ÉMAILLÉ DE "BOUSCULADES", "DÉBUTS DE BAGARRE"

Quels sont les "incidents graves" recensés ? Il s'agit, pour la grande majorité (80%) de violences verbales ou physiques. Viennent ensuite les vols et le vandalisme (8%), la consommation et le trafic de stupéfiants (4%), le port d'arme blanche ou d'objet dangereux (3,2%), détaille Le Parisien. Selon l'Observatoire universitaire international éducation et prévention, les faits les plus graves se concentrent "dans un nombre restreint d'établissements", surtout des lycées professionnels. Mais "le quotidien de tous les établissements est émaillé de petits faits, comme des bousculades, des débuts de bagarre, dont l'accumulation fatigue les élèves comme les enseignants", souligne Benjamin Moignard, directeur de l'Observatoire. Or "la recherche a montré qu'un bon climat scolaire est nécessaire pour la réussite des élèves, et surtout pour ceux qui viennent de milieux défavorisés".

Sur ce point, la France est à la traîne. L'Hexagone est le pays où "la discipline dans la classe est ressentie comme la plus dégradée de l'OCDE" (Organisation de coopération et de développement économiques, 35 pays membres), selon une note du Conseil scientifique de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, publiée en mars dernier. Cette note, qui s'appuie sur l'enquête Pisa, relève que, sur les 72 pays soumis à cette dernière, seule la Tunisie fait pire que la France.

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