Violences policières: Philippe échange à Evry avec policiers et habitants

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Le Premier ministre Edouard Philippe dans les locax de l'association "Génération II", le 9 juin 2020 à Evry
Le Premier ministre Edouard Philippe dans les locax de l'association "Génération II", le 9 juin 2020 à Evry
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© AFP, Ludovic Marin, POOL

, publié le mardi 09 juin 2020 à 12h56

Edouard Philippe a rencontré mardi matin à Evry (Essonne) des policiers puis des membres d'une association d'insertion, au lendemain d'annonces du gouvernement pour améliorer la déontologie des forces de l'ordre face à une mobilisation contre les violences policières.

Accompagné des ministres de l'Intérieur Christophe Castaner et du Logement Julien Denormandie, le Premier ministre doit faire une déclaration à la mi-journée, dans le contexte de la vague internationale d'indignation antiraciste liée à la mort de George Floyd aux Etats-Unis et le mouvement en France dénonçant des violences policières.

"La confiance entre les citoyens et ceux qui, à leur service et en leur nom, reçoivent la mission d'être les gardiens de la paix, est un élément central du pacte républicain", a tweeté Edouard Philippe, au début de sa visite "à Evry pour échanger avec les policiers et les acteurs associatifs qui y œuvrent au quotidien".

Au commissariat, il a fait le point avec une délégation de policiers "sur les dispositifs de prévention et de renforcement du lien entre la police et la population", selon Matignon.

Il s'est ensuite rendu dans les locaux de l'association Génération 2, pour un échange sur l'engagement citoyen et pour rappeler "la détermination du gouvernement à lutter contre toutes les formes de racisme ou de discrimination".

Créée il y a 20 ans, l'association oeuvre pour "le bien être ensemble" et rassemble des membres d'une soixantaine de nationalités. "Il faut démultiplier les lieux de rencontre avec la police", a déclaré sa présidente Aïsseta Cissé, en expliquant à Edouard Philippe qu'un policier participe chaque mois à un atelier avec des jeunes et des parents.

Le député communiste Francis Chouat a souligné que Génération II était "devenu un partenaire indispensable de l'Education nationale".

Les échanges ont notamment porté sur les difficultés liées à la crise du coronavirus, notamment pour le décrochage scolaire ou le manque de stages, ainsi que pour les activités cet été. 

"On regarde ces questions avec beaucoup d'attention", a assuré Edouard Philippe". "On voit bien que pas mal de choses vont être affectées" cet été. 

Julien Denormandie a lui souligné que le gouvernement travaillait sur "le dispositif d'école ouverte" cet été avec pour objectif "de multiplier par cinq le nombre d'élèves accueillis". 

Autre "sacré défi", selon le secrétaire d'Etat: les "colo apprenantes. Typiquement, on propose aux élèves d'Evry d'aller à Rochefort dans un centre UCPA, mais le matin il y a cours", a-t-il expliqué, ajoutant que le gouvernement allait "mettre à dispo des maires des moyens d'ici une semaine".

Emmanuel Macron, qui ne s'est pas exprimé sur la question depuis les manifestations contre les violences policières, avait visité cette association le 4 février 2019, avant de tenir un "grand débat" à Evry.

Christophe Castaner a prôné lundi lors d'une conférence de presse une "tolérance zéro" du racisme dans les forces de l'ordre, dont la suspension sera "systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré" en la matière.

Il a aussi annoncé l'abandon de la méthode d'interpellation policière controversée de la "prise par le cou, dite de l'étranglement" et une réforme "en profondeur des inspections du ministère de l'Intérieur".

Ces annonces ont laissé "dubitatifs" les syndicats de police et notamment l'interdiction de la "technique d'étranglement".

Christophe Castaner a déclaré que les rassemblements prévus mardi en France pour saluer la mémoire de George Floyd et "combattre le racisme dans la police", bien qu'interdits par la loi en raison de la crise sanitaire, étaient tolérés et ne donneront pas lieu à des "sanctions".

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