Violences faites aux femmes : un acteur de films pornographiques interpelle Emmanuel Macron

Violences faites aux femmes : un acteur de films pornographiques interpelle Emmanuel Macron
L'actrice de films pornographiques Kayden Kross et l'acteur et réalisateur de X Manuel Ferrara à Las Vegas, le 23 janvier 2016.

, publié le lundi 27 novembre 2017 à 17h30

SOCIÉTÉ. Alors que le président de la République estime que la pornographie "fait de la femme un objet d'humiliation", Manuel Ferrara l'accuse de "diabolise(r) l'industrie du porno et (de) fai(re) des amalgames".

"Horreur et honte": Emmanuel Macron s'est montré intraitable samedi 25 novembre contre les violences faites aux femmes, proposant une répression accrue de leurs auteurs, une meilleure protection des victimes et décrétant l'égalité entre les sexes "grande cause du quinquennat".

À cette occasion, il n'a pas mâché ses mots contre la pornographie, "qui fait de la femme un objet d'humiliation". Il a par ailleurs annoncé son intention de réguler ses contenus sur Internet.



Une déclaration qui n'a pas manqué de faire réagir Manuel Ferrara, réalisateur et acteur français de films pornographiques. Ce dernier a interpellé le chef de l'État sur Twitter : "Je suis dans ce business que vous essayez de diaboliser en faisant ce genre de remarque. Je suis prêt à m'asseoir avec vous et discuter d'un sujet qu'a priori vous ne connaissez pas. J'attends votre appel !"



Interrogé par Franceinfo, Manuel Ferrara explique qu'il a trouvé la phrase d'Emmanuel Macron "choquante". "Il diabolise l'industrie du porno et fait des amalgames. C'est pareil avec les jeux vidéo. C'est comme si vous disiez : 'Cet adolescent joue à Call of Duty alors il va prendre une arme et tuer tout le monde dans son collège".



"Ce n'est pas parce que le porno existe que les adolescents vont avoir une image dégradée de la femme, insiste-t-il. C'est trop facile de dire cela. Pourquoi il ne discute pas avec les femmes de l'industrie pornographique pour leur demander ce qu'elles en pensent ?"

Alors que 14% des 11-12 ans et 51% des 15-17 ans ont déjà visionné un film pornographique sur un smartphone, un ordinateur ou une tablette, Manuel Ferrara estime que ce n'est pas la faute de l'industrie du X, mais l'accès à tous ces sites "où il suffit de cocher 'j'ai 18 ans' pour y accéder". Selon lui, le gouvernement devrait agir "pour que ces sites gratuits ne soient pas aussi facilement accessibles."

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