Violences faites aux femmes : près de 50 000 manifestants à Paris

Violences faites aux femmes : près de 50 000 manifestants à Paris
La manifestation parisienne

, publié le samedi 23 novembre 2019 à 18h25

Selon le cabinet de comptage indépendant Occurence pour un collectif de médias, près de 50 000 personnes - 49 000 précisément - ont participé samedi à la manifestation parisienne organisée entre la Place de l'Opéra et celle de la Nation afin de dire "stop" aux violences sexistes et sexuelles et aux féminicides. Un nombre qui grimpe à 100 000 selon collectif féministe #Noustoutes, organisateur du rassemblement parisien. Des milliers de personnes ont également défilé dans toute la France ou des dizaines de rassemblements ont eu lieu.

"Agresseur, harceleur, t'es foutu, les femmes sont dans la rue !" Deux jours avant la fin du "Grenelle" lancé par le gouvernement contre les violences faites aux femmes, des milliers de personnes ont manifesté à Paris et en régions pour dire "stop" aux violences sexistes et sexuelles et aux féminicides.

Une "marée violette" destinée à peser sur le gouvernement. A Paris, la manifestation, organisée à l'appel du collectif féministe #Noustoutes, s'est élancée à 14 heures de la place de l'Opéra en direction de celle de la Nation. Elle a rassemblé près de 50 000 personnes selon Occurence, un cabinet de comptage indépendant. #Noustoutes parle de son côté de 100 000 personnes rassemblées dans la capitale et de 150 000 à travers toute la France.



A Paris, derrière la banderole de tête tenue par l'Union nationale des familles de féminicide (UNFF), plusieurs personnes portaient des pancartes affichant la photo de leur proche assassinée. Alors le collectif féministe "Féminicides par compagnons ou ex" a dénombré 137 femmes tuées dans un cadre conjugal depuis le 1er janvier, l'UNFF a notamment défilé pour "dénoncer le mépris que l'Etat oppose aux familles", selon sa présidente Sandrine Bouchait.

"Dans 32 féminicides, c'est Noël", pouvait-on lire samedi sur une pancarte du cortège parisien, composé de femmes en majorité mais aussi d'hommes, dans une ambiance à la fois festive et empreinte de gravité.
Ils n'étaient qu'une petite poignée à arborer un gilet jaune, noyée dans la "marée violette", la couleur des marches contre les violences faites aux femmes.

Les politiques, cibles de plusieurs banderoles

Les messages adressés à l'ensemble de la société et aux politiques ont été nombreux. Une grande banderole s'élevait notamment contre une "justice complice", tandis qu'une multitude de pancartes proclamaient : "Ras le viol", "Féminicides, pas une de plus", "Brisons le silence, pas les femmes", "Qui ne dit mot ne consent pas" ou encore "Aux femmes assassinées la patrie indifférente".

Près de 70 organisations (Planning familial, CGT, CFDT, EELV, LFI, PS, Unef, PCF, SOS homophobie...) et de nombreuses personnalités se sont jointes au défilé parisien. Parmi elles, les comédiennes Muriel Robin, Alexandra Lamy, Julie Gayet, Sandrine Bonnaire et Eva Darlan, l'ancienne ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, ou encore Vincent Trintignant - le frère de Marie, tuée par Bertrand Cantat en 2003.

En province, une trentaine de marches étaient organisées, notamment à Lille, Bordeaux, Strasbourg... Mais aussi à Saint-Étienne où 220 personnes ont bravé la pluie dans la matinée, a constaté une journaliste de l'AFP. A Toulouse, la marche a rassemblé plusieurs centaines de manifestants, toujours selon l'AFP. "A bas, à bas le patriarcat", "On se laissera plus jamais faire", scandaient les manifestantes. Dans la ville rose, le traditionnel cortège des "gilets jaunes" a opéré la jonction avec le défilé féministe, certains se mêlant aux rangs déjà formés, d'autres préférant fermer la marche.

La marche de Rennes a rassemblé également plusieurs centaines de manifestants, et surtout de manifestantes. "On se sent tous concernés, c'était important de venir. (...) La prise en charge (des femmes victimes de violences, ndlr) doit être différente dans les gendarmeries", estimait Léa, étudiante de 19 ans. Samedi, la police ou les préfectures ont dénombré 5.500 manifestants à Lyon, 2.000 à Rennes, 1.650 à Strasbourg, 1.000 à Bordeaux...

L'an passé, près de 50 000 personnes s'étaient rassemblées fin novembre dans toute la France dont 30 000 à Paris selon les organisatrices, la police ayant compté de son côté 12 000 manifestants dans la capitale. D'après les premiers chiffres d'Occurence, la mobilisation serait donc à la hausse en ce 23 novembre. "On pense que ça va être une marche historique", a déclaré samedi l'une des organisatrices, Caroline De Haas, convaincue que "le niveau de conscience (...) sur la question des violences est en train de bouger de manière assez radicale".

Les associations demandent un milliard par an

Cette mobilisation survient juste avant la clôture lundi du "Grenelle contre les violences conjugales", lancé début septembre pour tenter d'enrayer ce fléau. Le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné d'une douzaine de membres du gouvernement, doit y annoncer des mesures très attendues par les associations, elles qui regrettent un "manque de moyens" et une "absence de réponse à la hauteur de la part du gouvernement".

"Nous n'arrivons plus à compter les cas où les féminicides auraient pu être évités", avaient affirmé les organisatrices des cortèges dans un appel diffusé sur Facebook. "Avec cette marche, nous ferons en sorte que les pouvoirs publics prennent enfin des mesures à la hauteur", ont-elles ajouté. A la hauteur, ce serait, selon les associations, un milliard d'euros par an pour la lutte contre les violences faites aux femmes, alors que le budget qui lui est consacré est de 361,5 millions d'euros, selon des chiffres du secrétariat d'État à l'Égalité femmes-hommes.
 

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