Violences en marge du 1er mai : pour Philippe Martinez, c'était "un véritable guet-apens" contre la CGT

Violences en marge du 1er mai : pour Philippe Martinez, c'était "un véritable guet-apens" contre la CGT
Philippe Martinez lors de la manifestation le 1er mai 2021.

publié le dimanche 02 mai 2021 à 18h45

Sur le plateau de BFMTV ce dimanche 2 mai, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a réagi aux attaques dont ont été la cible des militants de la CGT durant la manifestation du 1er mai.

Lors de la manifestation parisienne du 1er Mai, des militants de la CGT ont été victimes d'attaques lors de la dispersion. Une enquête est ouverte.


Pour Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, "c'est absolument scandaleux".

"On est scandalisés par de tels faits. C'était un véritable guet-apens qu'on a tendu à mes camarades", a-t-il accusé sur le plateau de BFMTV ce dimanche 2 mai.

"Nous, on y va pour revendiquer au 1er-mai, c'est normalement une fête, dans tous les pays du monde. Manifestement, quelques dizaines de personnes cachées, masquées, armées, bien armées, n'y vont pas pour revendiquer. C'est absolument scandaleux parce que ceux qui ont été agressés sont des infirmières, enseignants, salariés qui aident à protéger les manifestants", a déploré Philippe Martinez.

Samedi, à l'arrivée de la manifestation parisienne place de la Nation, vers 18h, les militants ont été victimes d'une "extrême violence", selon le syndicat, commise par "un important groupe d'individus dont certains se revendiquant gilets jaunes".

Une attaque "très sévère"

Sur BFMTV, Philippe Martinez a demandé "des explications" de la part de la préfecture de police. "Les forces de l'ordre ont des chefs, des ordres. Ce sont ceux qui donnent les ordres qui sont responsables quand ça se passe comme ça", a continué le secrétaire général de la CGT.

"Il faut nous expliquer pourquoi, alors qu'il était prévu que la manifestation passe par cette rue, de l'autre côté de la place de la Nation, elle était fermée pendant 40 minutes", a-t-il continué.

La centrale de Montreuil a déploré samedi soir "21 blessés dont quatre graves". Les quatre personnes qui avaient été hospitalisées sont depuis sorties de l'hôpital, a-t-on appris dimanche auprès de la CGT.

Mais certains auront besoin de "suivi" car l'attaque a été "très sévère", a affirmé sur BFMTV Benjamin Amar (CGT), présent lors de l'attaque d'une camionnette du syndicat. "En 20 ans de syndicalisme, une situation pareille je ne l'ai jamais connue", a-t-il souligné, jugeant "compliqué" de savoir qui était à l'origine des violences, mais évoquant des insultes "typiquement" de l'extrême-droite.

Engagés "dans la mauvaise sortie"

Dans un communiqué, la préfecture de police a expliqué dimanche qu'un itinéraire de sortie avait été "concerté" en amont pour les véhicules syndicaux à partir de la place parisienne. Trois se sont engagés "sur la mauvaise sortie" et "ont été la cible de nombreux jets de projectiles par une foule hostile" en "même temps que des membres du service d'ordre de la CGT", indique la préfecture.

Elle a ajouté que des policiers avaient été "également violemment pris à partie par les manifestants", l'un d'entre eux blessé, avant que des gendarmes n'interviennent et usent de gaz lacrymogènes, permettant de "faire retomber les tensions".

Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a indiqué qu'une enquête avait été ouverte sur des faits commis "à l'encontre de militants et d'un véhicule de la CGT", pour "violences volontaires" et "dégradations", confiée à la Sûreté territoriale.

De vives condamnations

Les violences visant la CGT ont suscité de vives condamnations dans les rangs syndicaux : la CFDT les a notamment dénoncées "avec la plus grande fermeté", tandis que le numéro un de FO, Yves Veyrier, qui manifestait samedi avec la CGT, FSU et Solidaires, a dénoncé des actes "intolérables".

Au sein du gouvernement, la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a adressé dimanche "un mot de soutien" aux militants pris à partie, jugeant "évidemment absolument inacceptable et intolérable que de s'en prendre à des gens qui manifestent", sur franceinfo.

"C'est la première fois qu'on voit ça", a aussi commenté le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti sur France Inter, alors que dès samedi soir, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, avait condamné "très fermement" les perturbations ayant émaillé certains défilés.

Plusieurs responsables politiques de gauche ont aussi condamné les violences et témoigné de leur "solidarité" envers la CGT, à l'instar d'Olivier Faure (PS) ou de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, du PCF, ou encore de  Julien Bayou (EELV).

"Solidaire des militants #CGT agressés par un commando masqué. La violence déployée contre le grand syndicat signe la gravité de l'événement. Où va la France ?", a tweeté Jean-Luc Mélenchon (LFI).

A droite, Xavier Bertrand a estimé qu'il était "temps de mettre hors d'état de nuire les 'Blacks Blocs'" qui sont "en train de tuer le droit de grève dans notre pays", tandis que le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau a fustigé dans un communiqué un gouvernement "incapable d'enrayer la violence".

Au total, les cortèges ont rassemblé samedi entre 106.650 manifestants (Intérieur) et plus de 170.000 (CGT), dont entre 17.000 et 25.000 à Paris. 56 personnes ont été interpellées, dont 46 à Paris, et six policiers ont été blessés dont trois dans la capitale. Selon le parquet, 54 gardes à vue ont été décidées en marge des manifestations dans la capitale.

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