Violences éducatives : Agnès Buzyn dit non à la fessée

Violences éducatives : Agnès Buzyn dit non à la fessée
Agnès Buzyn, à la sortie du Conseil des ministres le 21 février 2018.

Orange avec AFP, publié le samedi 03 mars 2018 à 15h00

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé vendredi 2 mars qu'elle soutenait la proposition de loi, signée par 29 députés, visant à interdire les "violences éducatives ordinaires", dont la fessée, contre les enfants.

La fessée est-elle en train de vivre ses derniers jours? Probablement. Maintenant que la proposition de loi visant à interdire les violences éducatives ordinaires (VEO), déposée le 22 février, est soutenu par la ministre de la Santé en personne, il fait peu de doute qu'elle sera prochainement adoptée.



Le texte, porté par les députés Maud Petit (MoDem) et François Michel-Lambert (LREM), et cosigné par 27 autres députés de tous bords, dit adieu à la fessée mais aussi au chantage et à l'humiliation de certains parents envers leurs enfants. "L'enjeu, c'est d'interdire les châtiments corporels", a précisé la ministre de la Santé, qui souhaite "travailler avec les porteurs du projet de loi pour trouver une voie de passage" et ainsi "rejoindre les grands pays européens qui, pour la majorité d'entre eux, ont publié des lois qui interdisent les violences faites aux enfants dans le cadre de la famille".

Près de 87% des enfants concernés par la fessée, selon une étude

"87 % des enfants subissent, quotidiennement, des pratiques punitives et coercitives auxquelles les parents ont recours à titre éducatif", explique le texte de loi. Les députés ont choisi de s'appuyer sur les neurosciences pour prouver l'inefficacité de ces punitions corporelles.

Comme l'explique Le Parisien, " le jeune enfant ne peut pas gérer ses émotions, le stress ou les surstimulations lorsqu'il est face à des montagnes de jouets dans les supermarchés par exemple, car cela nécessite des connexions neuronales qui ne commencent à se mettre en place qu'à partir de 5-6 ans. Ses crises ne sont donc pas faites pour vous embêter, mais sont une réaction à un état physique qu'il ne peut contrôler."

Les fessées, premier pas vers la maltraitance

Les députés se sont également servis d'une étude américaine de l'université d'Austin au Texas de 2016 portant sur 75 études réalisées en 50 ans, sur 160 000 enfants de 13 pays différents. Selon les chercheurs, les punitions corporelles sont susceptibles d'engendrer une augmentation de troubles du comportement chez l'enfant. Elles favorisent l'agressivité, une baisse de l'estime de soi, une baisse des performances scolaires et une attitude antisociale : « C'est un véritable problème de santé publique », explique l'étude.

Ces pratiques, qui peuvent paraître anodines pour certains parents, signent parfois le début de la maltraitance dans certaines familles : 75 % des maltraitances caractérisées ont lieu dans un contexte de punitions corporelles, « pour lesquelles les parents n'ont pas appris à empêcher l'escalade » rapportent les scientifiques. La France pourrait donc devenir le 54e pays à interdire les VEO.

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197 commentaires - Violences éducatives : Agnès Buzyn dit non à la fessée
  • De notre temps, nous en avons eux des fessées et nous sommes toujours en vie, lorsqu'elle est méritée cela fait comprendre que l'enfant ne doit pas recommencer.
    Avec toutes ces lois en faveur des enfants , il ne faut pas s'étonner qu'il y a de plus en plus de délinquants mineurs. Les parents n'ont plus aucune autorité sur leurs mômes tout le monde sait que la parole les jeunes s'en fichent , en fait les mineurs ont le droit d'insulter de voler et de faire tout ce qu'ils veulent sous prétexte qu'une infime partie des députés a votée pour leur donner tous les pouvoirs si non un enfant peut déposer plainte contre ses parents pour une petite fessée c'est un comble. Le gouvernement
    doit se préparer à construire des prisons pour mineurs mais est ce que les parents restent responsables de leurs progénitures car ces lois leur retirent leurs droits parentaux?, donc on peut supposer que c'est au gouvernement que revient cette autorité, les parents n'ayant plus rien à dire.

  • Du grand n'importe quoi, n'a t'on pas autre chose à faire...
    On peut se réconforter : pas de fessée, mais une bonne piqure à 11 vaccins.

  • Cette pauvre!! Buzyn est ridicule aussi bien pour les vaccins que dans l'éducation qui en principe ne la regarde pas!!!. J'approche de mes 80 balais et étant jeune je n'ais pas pris de fessée mais quelques coups de martinet sur les jambes puisque à l'époque on était en culotte courte. Celà ne m'a pas traumatisé comme le prétendent certains pédopsychiatres!!!! Mais évidemment l'éducation à l'époque était différente!!!! Quelle dégringolade à tous les niveaux!!!!

  • J'adore quand mes enfants me fessent !

  • Arrêtez de nous rabattre les oreilles avec votre passé
    Moi aussi j'en ai pris des torgnoles et des fessées
    j'ai 70 ans et dans les débuts de ma carrière d'éducateur
    j'ai suivi le modèle qu'on m'avait imposé : c'est une aberration
    En 32 ans de carrière je n'ai frappé aucun enfant (d'ailleurs ça tombe sous le coup de la loi)
    Et il est bien plus difficile de se faire respecter d'un groupe de 10 enfants à problèmes sans violence
    que de s'occuper de 3 ou 4 gamins dans le milieu familial