Violences du 1er-Mai, passeports diplomatiques, contrat russe... Les 6 affaires qui impliquent Alexandre Benalla

Violences du 1er-Mai, passeports diplomatiques, contrat russe... Les 6 affaires qui impliquent Alexandre Benalla
Alexandre Benalla le 16 juillet 2018 à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, alors qu'il s'apprête à monter dans le bus amenant l'équipe de France de football sur les Champs-Élysées, après sa victoire au Mondial en Russie.

, publié le samedi 30 janvier 2021 à 08h00

REPÈRES. Alexandre Benalla est connu du grand public depuis le scandale des violences du 1er mai 2018.

La tentaculaire affaire qui porte le nom de cet ancien collaborateur d'Emmanuel Macron à l'Élysée, a empoisonné la première partie de son mandat du président. 

Elle a donné lieu à l'ouverture de six procédures judiciaires le visant depuis l'été 2018. Un premier procès devrait se tenir dans quelques mois, dans le volet concernant les passeports diplomatiques. 

1. Les violences du 1er mai 2018

Il s'agit de la première enquête ouverte par le parquet de Paris le 19 juillet 2018, quelques heures après les révélations du Monde sur les violences commises par Alexandre Benalla le 1er mai, place de la Contrescarpe à Paris. Rapidement élargie à des faits de détournements d'images de vidéosurveillance, elle est confiée à des juges d'instruction trois jours plus tard.

Cinq personnes sont mises en examen dans cette instruction qui s'est terminée en octobre 2020, dont Alexandre Benalla, notamment pour "violences en réunion" et "port public et sans droit d'insignes réglementés". Une décision sur un éventuel procès est attendue dans l'année.

Présent à ses côtés le 1er mai, l'ex-salarié de la République en marche Vincent Crase est notamment poursuivi pour "violences en réunion" et "port prohibé d'une arme de catégorie B".

Trois policiers, soupçonnés d'avoir remis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance de la place de la Contrescarpe sont eux mis en examen pour "détournement d'images issues d'une vidéo protection" et "violation du secret professionnel".

En août 2018, les investigations ont été élargies à d'autres soupçons de violences, commises également le 1er mai au jardin des Plantes, qui valent une autre mise en examen à Alexandre Benalla.

Un troisième volet dans cette enquête concerne le selfie qu'il a pris avec une arme durant la campagne présidentielle de 2017.

Le 31 janvier 2019, Mediapart dévoile des enregistrements clandestins d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, datée du 26 juillet 2018, soit quatre jours après leur mise en examen. Pour avoir ainsi enfreint leur contrôle judiciaire, les deux hommes sont placés en détention provisoire en février 2019, pour une semaine. Le 1er décembre 2020, la Cour de cassation refuse d'invalider les enregistrements, contestés par la défense des deux hommes.

2. Les passeports diplomatiques 

Le 29 décembre 2018, le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une autre enquête, après des informations de Mediapart affirmant qu'Alexandre Benalla avait continué à voyager avec des passeports diplomatiques après son licenciement de l'Élysée.

Des juges d'instruction mettent en examen Alexandre Benalla le 18 janvier 2019 pour "usage public et sans droit d'un document justificatif d'une qualité professionnelle", puis en juillet 2020 pour "faux et usage de faux". 

Le 25 janvier 2021, il est renvoyé en correctionnelle pour "faux et usage de faux" et "usage public et sans droit de documents justifiant d'une qualité professionnelle".

3. Le contrat russe 

Un contrat passé entre l'entreprise de Vincent Crase, Mars, et un sulfureux oligarque russe, fait l'objet d'investigations sous l'égide du parquet national financier (PNF). L'enquête porte notamment sur des soupçons de "corruption".

4. Les accusations de dissimulation de preuves 

Le 15 février 2019, le parquet de Paris lance des investigations pour "entrave à la manifestation de la vérité", pour déterminer si Alexandre Benalla a dissimulé des preuves dans le cadre de l'enquête initiale sur les violences du 1er-Mai.




Les investigations portent notamment sur le mystérieux coffre-fort que l'ex-chargé de mission possédait à son domicile pour stocker ses armes, et sur le contenu d'un autre coffre dans son bureau à l'Élysée. L'enquête a été confiée en novembre 2019 à un juge d'instruction.

5. Soupçons de faux témoignage 

Deux autres enquêtes préliminaires, menées par le parquet de Paris depuis avril 2019, visent Alexandre Benalla. La première, pour des soupçons de "faux témoignage" devant le Sénat. 

6. Manquement aux obligations de transparence 

La deuxième pour "manquement aux obligations déclaratives à la HATVP (Haute autorité pour la transparence de la vie publique)". Alexandre Benalla aurait déposer une déclaration de patrimoine et/ou d'intérêts lorsqu'il est entré au service d'Emmanuel Macron. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.