Violences du 1er mai : le Préfet de police reviendra s'expliquer devant les élus parisiens

Violences du 1er mai : le Préfet de police reviendra s'expliquer devant les élus parisiens
Lors de la manifestation du 1er maiboulevard de l'Hôpital, au bout du pont d'Austerlitz, des grappes de casseurs s'en sont pris à plusieurs vitrines, voitures, magasins...

leparisien.fr, publié le jeudi 03 mai 2018 à 20h39

A droite et à gauche, la stratégie du Préfet de police pour encadrer la manifestation a été critiquée ce jeudi au Conseil de Paris.

Deux jours après les échauffourées qui ont éclaté lors de la manifestation du 1er mai, plusieurs groupes politiques parisiens ont interpellé ce mardi le Préfet de police Michel Delpuech à l'occasion des questions d'actualité du Conseil de Paris. « Scènes inacceptables de guérilla urbain », pour la présidente du groupe LRI Florence Berthout, « actes de vandalisme » condamné par le Groupe Ecologiste de Paris sous la voix de David Belliard. Elus du groupe Démocrates progressistes « consternés par les saccages ». « Nous aurions pu craindre bien pire », ont insisté ces macronistes sous la voix de Thomas Leuret. Mais à droite et sur les bancs écologistes, la stratégie adoptée par le Préfet de police pour encadrer la manifestation laisse perplexe.

21 unités mobiles en renforcement, plus de 1 500 policiers mobilisés, « le dispositif d'ordre public avait été conçu et dimensionné en conséquence », estime pourtant le Préfet de police Michel Delpuech. D'après lui, un autre cortège rassemblant 14 500 personnes s'est constitué devant le cortège des syndicats. Les 1 200 black blocs « un niveau jamais atteint » selon le Préfet, se seraient mélangés dans ce cortège, compliquant la tâche des forces de police.

283 personnes ont été interpellées, 153 présentées à un officier de police judiciaire, 109 placées en garde à vue. 43 gardes à vue ont été prolongées et dès ce jeudi après-midi, 6 personnes étaient jugées en comparution immédiate, a rappelé le Préfet.

« Comment est-il possible que 1 200 individus se revendiquant de mouvements particulièrement violents puissent se réunir, se déplacer en plein Paris, sans que le moindre ordre d'interpellation en amont n'ait été donné au préalable ? » s'est étonnée Florence Berthout. « Votre stratégie a exposé une partie des manifestants, pourtant pacifistes, à la violence des affrontements en les soumettant aux tirs lacrymogènes - ce qui ne peut que contraindre ces manifestants à quitter le cortège. Cette exposition semble être une des conséquences d'une intervention très tardive et sur des effectifs qui apparaissent manifestement sous-dimensionnés au regard de l'ampleur des manifestations et des risques [...] la présence des Black Blocs était observée dès 14 h 30 et votre ordre d'intervention n'est intervenu qu'à 16 heures » a insisté David Belliard.

« La mise en place de fouilles systématiques avant une manifestation ne peut se faire que dans le cadre de l'Etat d'urgence », a rappelé le Préfet de police. Il s'est engagé à revenir discuter de sa stratégie d'encadrement des manifestions devant les élus.

« Nous allons écrire au Préfet de police pour connaître la date de cette prochaine réunion en 3e commission », annonce-t-on au Groupe Ecologiste de Paris.

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