Violences conjugales : cinq fois plus de signalements pendant le confinement

Violences conjugales : cinq fois plus de signalements pendant le confinement
La secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa visite le centre d'entraînement de l'OM qui accueille des victimes de violences conjugales, le 6 mai 2020.

, publié le jeudi 21 mai 2020 à 12h10

En revanche, "il y aurait eu moins de féminicides que d'habitude", a indiqué Marlène Schiappa. 

Les violences conjugales ont-elle augmenté durant le confinement, comme le redoutaient les associations d'aide aux victimes ? "Il y a eu cinq fois plus de signalements sur la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr" pendant les huit semaines de confinement, a indiqué jeudi 21 mai sur France Inter la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa. Il y a également eu 36% de signalements et d'interventions des forces de l'ordre en plus, qui ne débouchent pas toutes sur une plainte.

En revanche, "il y aurait eu, je mets beaucoup de guillemets et beaucoup de prudence, moins de féminicides que d'habitude", a poursuivi la secrétaire d'Etat, évoquant un féminicide "tous les 4,2 ou 4,4 jours" au lieu d'un tous les trois jours ou deux jours et demi.

"Toutes les portes ne se sont pas encore ouvertes et je suis prudente sur les situations dramatiques que l'on pourrait découvrir", a-t-elle ajouté. Marlène Schiappa craint d'ailleurs "qu'il y ait davantage de féminicides" et une "décompensation" des violences contre les femmes en période de déconfinement. 



S'agissant des signalements dans les "points contacts" mis en place pour aider les femmes victimes de violences, "près de 500 personnes" sont "passées dans les hypermarchés". "On peut considérer que c'est pas beaucoup mais si à 500 reprises il y a eu une femme qui a trouvé un accompagnement, un hébergement, c'est positif", a-t-elle estimé. "Dans les pharmacies, il y a eu des signalements qui ont donné lieu à des gardes à vue et à la protection de femmes", a-t-elle assuré. La secrétaire d'Etat a également fait état de "200 appels" d'hommes à la ligne dédiée à l'accompagnement des hommes violents ou s'apprêtant à le devenir. Tous ces dispositifs vont être maintenus après le confinement. 

Par ailleurs, le confinement a renforcé les inégalités au sein du foyer. "On a commandé une étude qui montre que dans 63% des familles, c'est la femme qui a fait la totalité des repas pendant tout le confinement", note Marlène Schiappa, qui estime qu'"historiquement, cela n'a pas le même sens de renvoyer les hommes et les femmes à la maison".

La secrétaire d'Etat a par ailleurs indiqué travailler à "la généralisation de l'arrêt de bus à la demande en soirée et la nuit", dans le cadre d'un plan de lutte contre le harcèlement de rue qui sera mis en place à partir de lundi. Elle a aussi évoqué le développement d'un réseau de "lieux sûrs", avec le code "demandez Angela" permettant de demander de l'aide, déjà mis en oeuvre dans plusieurs villes de France.  Elle a également précisé qu'elle réunirait avec le secrétaire d'Etat aux Transports les plateformes VTC pour travailler "sur l'intégration d'un module de lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans l'examen pour devenir chauffeur". 

En France, la compagnie Uber est visée par une série de plaintes de clientes accusant des chauffeurs d'agressions, certaines reprochant à la plateforme une réaction inappropriée ou inefficace. "Uber va offrir 1.000 trajets en partenariat avec le 3919 pour conduire des femmes au commissariat ou dans leur nouvel hébergement", a déclaré Marlène Schiappa.  

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.