Violences à Mayotte : la charge virulente du maire de Mamoudzou, qui dénonce l’action de "terroristes"

Violences à Mayotte : la charge virulente du maire de Mamoudzou, qui dénonce l’action de "terroristes"©Franceinfo (capture d'écran)

publié le mercredi 23 novembre 2022 à 11h55

Interrogé sur franceinfo mercredi 23 novembre, le maire du chef-lieu de Mayotte, Mamoudzou, a dressé un bilan alarmant des violences qui traversent le département depuis plusieurs jours, qualifiant même les auteurs de "terroristes". 

Alors que Mayotte est en proie à de graves violences depuis plusieurs jours, le maire du chef-lieu du département, Mamoudzou, s'est livré à franceinfo dans une interview particulièrement offensive, mercredi 23 novembre. Le Républicain Ambdilwahédou Soumaïla qualifie même les jeunes Mahorais qui s'affrontent de "terroristes", les accusant de prendre pour cible "la République".

"Parce que quand on brûle une mairie, quand on brûle une intercommunalité, quand on s'attaque à la PJJ (Protection judiciaire pour la jeunesse), on veut déstabiliser Mayotte", estime-t-il. 


Dans cette même interview, l'édile s'attaque aussi à l'idée que les violences qui secouent l'île se résumeraient à des règlements de comptes entre bandes rivales. "Je pense qu'on fait une grosse erreur. On l'a toujours faite depuis quinze ans. On est en train de réduire ça à des violences urbaines, à des attaques entre bandes. Ce sont des terroristes, c'est du terrorisme. Ils sont organisés et ils ne se déplacent pas par hasard. Quand vous êtes 30, voire 50 personnes, vous planifiez vos attaques", insiste-t-il. 

Un "terrorisme du quotidien" ?

Toujours sur franceinfo, la députée locale Estelle Youssouffa estimait lundi que Mayotte était "au bord de la guerre civile". D'après les chiffres rapportés par le maire de Mamoudzou, pas moins de 346 faits de violence ont été recensés sur le seul mois d'octobre, pour un bilan de six morts et huit tentatives de meurtre. "En réalité, le vrai bilan, qui n'est pas du tout mesurable, c'est la terreur psychologique, le dégât psychologique que fait cette violence du quotidien, ce terrorisme du quotidien", poursuit-il.

Interrogé sur ce qu'il attend de l'exécutif français, alors que le ministère de l'Intérieur vient d'envoyer une dizaine de policiers du Raid sur l'île, Ambdilwahédou Soumaïla assure que les Mahorais "demandent de la République" et invoque l'histoire. "Vous savez, nos aïeux, ils se sont battus pendant 50 ans pour être Français. On aime ce pays, on se sent chez nous, on aime la France. On l'a dit, redit à travers les différents référendums. On est arrivé à être un département en 2011. Dans le combat qui a été mené par nos aïeux, il n' y avait qu'un seul message : nous voulons être Français pour être libres. Nous demandons la pleine liberté, donc la sécurité."

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