Violences à Marseille : "Pas de constat d'échec", pour le patron de la lutte contre les hooligans

Violences à Marseille : "Pas de constat d'échec", pour le patron de la lutte contre les hooligans
Des "supporters" anglais dans le centre-ville de Marseille, ce samedi 11 juin 2016.

publié le samedi 11 juin 2016 à 23h24

- Pour le commissaire, Antoine Boutonnet, responsable de la lutte contre les hooligans en France, "il n'y a pas de constat d'échec" après les violents incidents survenus à Marseille en marge d'Angleterre-Russie mais "un problème de suralcoolisation". -

Bagarres, coups de barre de fer, jets de bouteilles...

De violents affrontements ont opposé des "supporters" anglais et russes ce samedi 11 juin à Marseille. Dès 16h, une première vague d'incidents a duré près d'une heure et demie aux alentours du Vieux-Port. "La police est intervenue sur des rixes qui opposaient des supporters anglais, russes et des français", a expliqué le préfet Laurent Nunez. La rixe la plus sévère a opposé quelque 500 "supporters" - 300 d'un côté et 200 de l'autre - dans une rue perpendiculaire au Vieux-Port.

SIX PERSONNES INTERPELLÉES

Vers 20h, quelques incidents, vite maîtrisés, ont ensuite éclaté aux alentours du stade Vélodrome, la police devant utiliser des grenades lacrymogènes et un canon à eau pour disperser les "supporters". Selon le préfet de police, les forces de l'ordre qui assurent la séparation des flux de supporters russes et anglais avaient été "pris à partie" par certains d'entre eux. De brèves échauffourées ont également éclaté entre supporters à la fin du match Angleterre-Russie (1-1) à la sortie du Stade Vélodrome. Au total, au moins 31 personnes ont été blessées et prises en charge dans des hôpitaux samedi à Marseille, dont un Anglais qui se trouvait toujours samedi soir entre la vie et la mort. Six personnes ont été interpellées.



"UNE INTERVENTION RAPIDE ET EFFICACE DE LA POLICE"

Des incidents similaires avaient déjà eu lieu jeudi et vendredi à Marseille, mais avaient impliqué moins de supporters, et sans faire de blessé grave. Le chef de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), rattachée au ministère de l'Intérieur, a évoqué "un problème de suralcoolisation qui entraîne in fine un phénomène de violences". "Il n'y a pas de constat d'échec dans la mesure où l'intervention rapide et efficace des forces de l'ordre a permis de circonscrire les incidents dans le temps et dans l'espace", a-t-il précisé. "On a eu affaire à des phénomènes de violences initiés par des mouvements de foule d'une population extrêmement dense au niveau du Vieux-Port avec suralcoolisation de cette population". "Ces incidents dans le cadre d'une compétition internationale montrent la nécessité d'une mesure uniforme sur l'ensemble des pays concernés, d'autant que le prochain Euro se déroulera dans (13) différents pays", a-t-il poursuivi.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a lui condamné des incidents "inacceptables" survenus à Marseille. "Les forces de l'ordre ne sauraient être détournées de leur mission de sécurisation du public par le comportement irresponsable et délibéré de pseudo-supporteurs dont la seule motivation est de troubler l'ordre public", a-t-il affirmé. Outre quelque 1.200 policiers, les autorités ont mobilisé d'importants moyens de secours pour ce match à risque : 580 marins-pompiers contre 360 en temps normal, 51 pompiers du service départemental d'intervention et de secours répartis dans la ville, et 17 ambulances d'urgence et de réanimation, a souligné la préfecture.

D'AUTRES MATCHES À RISQUES

Un deuxième des cinq matches classés "niveau 3" sur une échelle de risques de 4 aura lieu ce week-end: Turquie-Croatie, dimanche au Parc des Princes à Paris (Gr. D). Les trois autres sont Allemagne-Pologne (Gr. C, le 16 juin au Stade de France), Angleterre-Pays de Galles (Gr. B, le 16 juin à Lens) et Ukraine-Pologne (Gr. C, le 21 juin, encore à Marseille).

Tous feront l'objet d'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé. Pour lutter contre le hooliganisme, le gouvernement a installé à Lognes, en Seine-et-Marne, un Centre de coopération policière internationale (CCPI), sorte de tour de contrôle durant l'Euro. Et 180 policiers des 23 pays étrangers participant à la compétition sont déjà en France.

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