Violences à Marseille : "Les forces de l'ordre n'ont pas d'ordres" (Marine Le Pen)

Violences à Marseille : "Les forces de l'ordre n'ont pas d'ordres" (Marine Le Pen)

Pour Marine Le Pen, "la vraie question, c'est pourquoi la France n'arrive plus à faire respecter l'ordre sur son territoire". Ici le 29 janvier 2016 à Milan (Archives).

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Orange avec AFP, publié le dimanche 12 juin 2016 à 18h00

- De violentes bagarres ont opposé samedi après-midi des "supporters" anglais, russes et des groupes locaux dans le centre ville de Marseille. 35 personnes ont été blessées et dix personnes ont été interpellées.

Pour le patron du Parti socialiste (PS), Jean-Christophe Cambadélis, il est facile de pointer la responsabilité des forces de l'ordre "mais la sécurité absolue est un fantasme". La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, a elle critiqué le manque de décisions prises en amont. -

Monde du football, presse, responsables britanniques... La réprobation et l'inquiétude s'étalent ce dimanche 12 juin au lendemain des violences survenues samedi après-midi, pendant une heure et demie, à proximité du Vieux-Port de Marseille. Ces échauffourées ont fait 31 blessés, dont quatre de nationalité britannique grièvement atteints. Le pronostic vital de l'un d'eux était toujours engagé ce dimanche après-midi. Ce dernier était dans "un état stable", de même qu'un autre blessé grave, a précisé la préfecture de région à l'AFP. Le 3e était en cours d'opération et le 4e est sorti de l'hôpital.

Dix personnes - des Anglais, un Autrichien, un Allemand, des Français et des Russes - étaient en garde à vue dimanche à Marseille. Plusieurs seront renvoyés en comparution immédiate lundi, a indiqué le parquet de Marseille précisant que des enquêtes se poursuivent pour certains d'entre eux, notamment pour les faits les plus graves.

UN DISPOSITIF ADAPTÉ ?

Les autorités ont nié tout constat d'échec : "Je ne veux pas qu'on dise que le dispositif n'était pas adapté", a déclaré le préfet de police, Laurent Nunez, sur BFM- TV. "Il était tout à fait proportionné, il était suffisant (...) La police a évité des débordements très graves" en dispersant des "belligérants" très violents, a-t-il souligné. Les mesure d'interdiction de vente d'alcool - beaucoup de supporters étaient ivres - ne peuvent pas être "générales et absolues. Elles seraient "sanctionnées par la justice", a-t-il ajouté. Bernard Cazeneuve a condamné samedi soir des incidents "inacceptables". "Les forces de l'ordre ne sauraient être détournées de leur mission de sécurisation du public par le comportement irresponsable et délibéré de pseudo-supporteurs dont la seule motivation est de troubler l'ordre public et dont le ministre de l'Intérieur condamne les agissements inacceptables", a-t-il affirmé.

Le ministère de l'Intérieur a a rappelé que "3.000 mesures d'interdictions d'entrées sur le territoire" ont été prises avant le début de l'EURO 2016 "sur la base des fichiers recensant les interdits de stade des différents pays participant à la compétition, ou d'informations sur des individus susceptibles de provoquer des troubles à l'ordre public".

Le gouvernement britannique s'est dit "profondément préoccupé" et a proposé d'envoyer des policiers supplémentaires pour le prochain match de l'équipe d'Angleterre contre le Pays de Galles jeudi à Lens (nord de la France). "Nous saluons la décision de l'UEFA de diligenter une enquête sur les violences à l'intérieur du stade de Marseille hier soir, et nous tenons prêts à collaborer", ajoute le gouvernement britannique, qui précise également qu'il aidera les enquêteurs français dans leur enquête.


"Nous sommes face à des crétins alcoolisés qui ont décidé de faire de la baston", a jugé le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. "Ce n'est pas en disant que la responsabilité incombe aux forces de police qui n'auraient pas été capables de faire face que nous serons capables de faire face (...) A Marseille, les forces de sécurité étaient en nombre suffisant", a-t-il ajouté sur le plateau du "Grand rendez-vous" sur Europe1/I-Télé/Le Monde. "On peut réduire au maximum les risques mais la sécurité absolue est un fantasme. Ce n'est pas parce que nous avons aujourd'hui des violences regrettables qu'il faut paniquer".

Sur France 3, Marine Le Pen a, elle, estimé que "la vraie question, c'est pourquoi la France n'arrive plus à faire respecter l'ordre sur son territoire ? C'est parce qu'(à Marseille) comme ailleurs, les forces de l'ordre n'ont pas d'ordres. Leurs ordres, c'est 'surtout pas de vagues, restez statiques, inertes, laissez faire, on verra plus tard'", a ajouté la candidate à l'élection présidentielle. "Quelques racailles se sont mêlées à ces affrontements, (elles) viennent en toutes circonstances pour tenter de brutaliser (...) On sait que le football souffre de l'existence de ces ultras. Le sachant, il faut prendre des décisions en amont, et pas après les incidents (...) Ils sont incroyables ces responsables politiques, ils ne peuvent pas s'empêcher de faire de la politique politicienne".

Éric Ciotti, secrétaire général adjoint de LR, a dénoncé pour sa part des "débordements intolérables commis par quelques hooligans décérébrés". Le député des Alpes-Maritimes a demandé au ministre de l'Intérieur de "prendre sans attendre des mesures qui permettront de prévenir au maximum de nouveaux débordements : la vente d'alcool à emporter doit être interdite les jours de match dans les villes hôtes et dans les fan zones ainsi que sa consommation dans certains périmètres à risque".
 
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