Violences à l'école: des profs dénoncent sur Twitter l'absence de réactions de leur hiérarchie

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Des centaines de profs ont dénoncé sur Twitter, sous le hashtag ironique #pasdevague, l'absence de réactions de leur hiérarchie face aux violences qu'ils subissent
Des centaines de profs ont dénoncé sur Twitter, sous le hashtag ironique #pasdevague, l'absence de réactions de leur hiérarchie face aux violences qu'ils subissent
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© AFP, Kirill KUDRYAVTSEV

AFP, publié le lundi 22 octobre 2018 à 18h34

Des centaines de profs ont dénoncé sur Twitter, sous le hashtag ironique #pasdevague, l'absence de réactions de leur hiérarchie face aux violences qu'ils subissent, après l'affaire d'un élève filmé en train de braquer sa professeure avec une arme factice dans un lycée de Créteil.

Depuis dimanche, ces professeurs ont partagé leur expérience dans plus de 20.000 tweets sous ce hashtag, selon le cabinet Visibrain. Dimanche soir, cet élève du lycée Édouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) a été mis en examen pour "violences aggravées" et remis en liberté avec des mesures de contraintes provisoires.

"Trois élèves agressent sexuellement un de leurs camarades (...) Le conseil de discipline les vire définitivement. Quelques jours après, le rectorat impose le retour d'un des auteurs dans la même classe que la victime", témoigne ainsi une prof de collège. Une professeure de lettres raconte qu'une élève l'a frappée dans un couloir "mais le conseil de discipline ne l'a pas même exclue".

Ces enseignants ont écrit ces tweets en réaction à la vidéo publiée ce week-end d'un élève filmé en train de braquer sa professeure avec une arme factice dans un lycée de Créteil.

Jenny Lartaud, 28 ans, professeur de Français dans un collège en Alsace, fait partie des profs ayant partagé son expérience sur twitter. 

"On vit des agressions verbales régulières, mais on est obligé de continuer d'enseigner", dit-elle à l'AFP. Elle raconte avoir été "testée" il y a deux ans par sa classe de 4ème, pendant six mois. "Je leur ai proposé, pendant une heure de cours, de me dire ce qui ne se passait pas bien, selon eux", explique-t-elle. "Je n'aurais pas dû: ils se sont lâchés et j'ai entendu les pires ignominies".

Elle écrit alors un rapport à sa hiérarchie: "le principal adjoint m'a convoquée, je n'étais pas seule, mais malgré des courriers faits aux parents, malgré quelques exclusions, les élèves ont continué".

Selon elle, de nombreux profs préfèrent faire "comment si tout allait bien, pour ne pas qu'on dise d'eux qu'ils sont de mauvais enseignants".

La vidéo relayée sur les réseaux sociaux montre un adolescent debout dans une salle de classe, brandissant un pistolet près du visage de l'enseignante tout en lui demandant de l'inscrire "présent" au cours. La professeure de biotechnologie, assise devant un ordinateur, semble plus lasse que paniquée, alors qu'un certain chahut est perceptible dans la classe.

Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner, qui vient d'être nommé place Beauvau avec l'ambition affichée d'une politique de fermeté, ont annoncé la réunion d'un "comité stratégique" pour un "plan d'actions ambitieux" contre les violences visant les enseignants.

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