VIH : le dépistage en forte baisse à cause de l'épidémie de Covid-19

VIH : le dépistage en forte baisse à cause de l'épidémie de Covid-19
Des prélèvements sanguins devant être analysés.

, publié le mardi 01 décembre 2020 à 18h30

Le dépistage est pourtant l'unique moyen d'établir un diagnostic, d'accéder aux traitements antirétroviraux et de préserver sa santé, souligne Santé publique France, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida.

Outil indispensable pour lutter contre le VIH, le dépistage a fortement diminué en 2020. A cause de la pandémie de Covid-19 et du premier confinement, le nombre de tests sanguins a chuté de 56% entre février et avril, a indiqué Santé publique France (SpF) mardi 1er décembre, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida. 



Cette situation inquiète fortement Jean Spiri, président du CRIPS Île-de-France (Centre régional d'information et de prévention du sida).

Sur France Bleu Paris, il a appelé à ne pas renoncer aux tests : "Faites-vous dépister malgré le Covid". Le dépistage est en effet l'unique moyen d'établir un diagnostic, d'accéder aux traitements antirétroviraux et de préserver sa santé. Et un traitement efficace permet également de ne pas transmettre le virus lors de ses relations sexuelles, même sans préservatif, rappelle SpF en s'appuyant sur une campagne d'affichage sur le web lancée jusqu'au 28 décembre. 


Selon les chiffres publiés par l'agence sanitaire dans son bulletin sur la surveillance du VIH et des infections sexuellement transmissible (IST/MST) bactériennes, le nombre des sérologies (tests sanguins), après avoir chuté entre février et avril, "a ensuite ré-augmenté en mai et juin, sans atteindre les niveaux observés en début d'année". Au total, "6,2 millions de sérologies VIH ont été réalisées en 2019 par les laboratoires de biologie médicale", estime SpF. Le dépistage avait progressé ces dernières années : plus 10% entre 2014 et 2018 et plus 6% entre 2018 et 2019. 

Le nombre de découverte de séropositivité avait été estimé à 6.200 en 2018, un chiffre en diminution de 7% par rapport à 2017. Ce nombre n'a pas pu être estimé pour 2019 : en 2020, les biologistes et les cliniciens ont été mobilisés par le Covid-19 et ont eu moins de temps pour fournir suffisamment d'éléments sur l'année précédente. 

Selon Santé publique France, en 2019, le taux de positivité est de 1,9 pour 1.000 tests sanguins, comme en 2018. Il est plus élevé pour le dépistage anonyme (2,4). Par ailleurs, environ 79.500 autotests pour le VIH ont été vendus en pharmacie en 2019, soit une augmentation de 6% par rapport au total des ventes en 2018. Les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) et les hétérosexuels nés à l'étranger représentent respectivement 43% et 37% des découvertes de séropositivité déclarées entre janvier 2019 et septembre 2020. 

Plus généralement, la pandémie a "fortement impacté l'activité au dépistage en 2020" : la "diminution du nombre de dépistages de près de 60%" observée entre février et avril 2020, concerne aussi bien le VIH que les IST bactériennes (syphilis, infection à gonocoques, cause de "chaude-pisse", et à chlamydia, responsable d'infertilité féminine).
 

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