« Je mets fin à plus de 100 ans de bar-tabac » : on a fait la fermeture de la Divette, bistrot mythique de Montmartre

par Le Parisien

Des chants, des bières, de la bonne humeur, des accolades et quelques larmes aussi. Dimanche 30 octobre, Serge Vial et ses habitués ont rendu un émouvant hommage en célébrant une ultime soirée à la Divette , bar-tabac mythique des rues de Montmartre. « Je fais profiter le quartier une dernière fois », lance le propriétaire haut en couleur de cette « institution » du XVIIIe arrondissement, en désignant d’un coup de tête la « fanfare du commando saucisson », venue souffler un dernier coup de trompette pour l’occasion. Sur le trottoir, les clients se pressent, un verre à la main, tandis que les habitués de la première heure s’agglutinent autour du comptoir en ressassant les souvenirs. « J’ai rencontré ma femme en jouant au baby-foot à la Divette. Et ça dure toujours », salue Jeannot en levant son verre. « C’est un endroit authentique… Le genre d’endroit qui disparaît à Paris », regrette Dominique, venu de Saint-Étienne pour l’occasion. Serge et Michèle Vial, qui ont repris l’établissement en 1986, ont annoncé cet été sa fermeture. « Nous ne prenons pas la fuite dans les airs, seulement obligés de partir d’ici 4 mois ! Les propriétaires des murs reprennent le lieu afin de monter un immeuble ! (nous pensons que c’est leur délire). Nous prévoyons 2 jours de fin Divette de Montmartre. Évitez de trop pleurer nous ne voudrions pas d’inondations ! », peut-on lire en guise d’explication sur leur page Facebook. Si Michèle, profondément touchée, se laisse aller à quelques larmes pendant la soirée qui s’est prolongée jusqu’à minuit, Serge ne laisse rien transparaître. Ou presque. « À chaque fois que je sers la verveine, l’émotion arrive. Alors là je la sers plus, ça m’énerve », confie-t-il alors que la dernière tournée de la liqueur aux couleurs de l’AS Saint-Etienne circule entre les convives. « Je sais que je vais revoir tout le monde bientôt, un peu plus loin », assure-t-il. Car le couple ouvrira un tabac dans la même rue, d’ici janvier. « C’est fini, je retire tout », souffle le sexagénaire en tirant une ultime fois les rideaux de son établissement. Et de conclure, « Je mets fin à plus de 100 ans de bar-tabac » en décrochant les pancartes de la porte d’entrée.

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