VIDÉO. Trois mois après le drame de Millas, la colère de la mère d'une victime

VIDÉO. Trois mois après le drame de Millas, la colère de la mère d'une victime

Millas, le 15 décembre 2017.

Orange avec AFP, publié le jeudi 15 mars 2018 à 10h00

Face aux caméras, la mère d'Ophélia explique qu'elle a du attendre 10 heures pour savoir ce qui était arrivé à sa fille, tuée dans la collision survenue entre un car scolaire et un TER.

Il y a trois mois, le 14 décembre, la collision entre un car scolaire et un TER à un passage à niveau à Millas (Pyrénées-Orientales), après la sortie des classes du collège, a fait six morts et plusieurs blessés parmi les 23 collégiens transportés. Parmi eux, Alan, 12 ans, et Ophélia, 13 ans. Après le témoignage poignant de la mère du jeune garçon lundi 12 mars sur France 3, la maman de l'adolescente s'est confiée mercredi 14 mars à BFMTV.

Devant les caméras de la chaîne d'information, Stéphanie Fruité, revient sur cette journée terrible où sa fille est morte. Elle a pris connaissance de l'accident alors qu'elle faisait ses courses. "J'attendais à la caisse, on voyait toutes les voitures de gendarmerie passer avec les gyrophares (...) un monsieur derrière moi a dit 'il y a eu un accident entre un train et un bus scolaire'. J'ai posé mes courses et je suis partie. Je me suis doutée que c'était ma fille", se souvient-elle, les larmes aux yeux.



"Le pire c'est que ma fille était identifiable"

Mme Fruité se rend tout d'abord sur les lieux de l'accident. "J'ai vu une ambulance, deux ambulances, trois ambulances, toutes les ambulances qui passaient. J'ai dit 'c'est pas bon'". S'ensuivent de longues heures d'attente avant de savoir ce qui est arrivé à sa fille. Dans la salle de sport de Millas d'abord, où elle apprend que quatre enfants sont décédés, puis à l'hôpital de Perpignan. À 2 heures du matin, les médecins livrent une première liste avec l'identité de cinq enfants en réanimation. "Quand la deuxième liste est arrivée, ils ont carrément fermé les portes, ils faisaient partir les familles dans un petit bureau, famille par famille, et là tu entends des femmes hurler et tu te doutes très bien que ce n'est pas une bonne nouvelle", se souvient-elle.

Puis c'est à son tour de pénétrer dans cette pièce. "On nous demande la date de naissance de ma fille et on nous regarde dans les yeux et on nous dit 'elle est décédée'", explique-t-elle en pleurant. Suivra un véritable parcours du combattant pour savoir où se trouve sa fille, sans aucune prise en charge. "Dix heures où on ne dit rien, rien du tout", déplore-t-elle. "Le pire c'est que ma fille était identifiable, elle n'avait rien au visage. C'était la victime numéro 1, ça a été la première a être partie. Le premier hélicoptère que j'ai vu partir, il y avait ma fille. C'est un pompier que je connais qui l'a identifiée."

Aujourd'hui, elle s'insurge : "Pourquoi on m'a fait attendre pendant plus de dix heures pour me dire que ma fille est décédée, me demander des photos d'identité, de décrire comment elle était, de décrire les vêtements?". Seul soulagement pour cette maman, la conviction que sa fille n'a pas souffert.

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73 commentaires - VIDÉO. Trois mois après le drame de Millas, la colère de la mère d'une victime
  • avis aux rédacteurs il y a eu dans ce drame je crois 6 enfants tués vous allez distiller les témoignages de ces parents deux fois par semaine c'est qui les plus pourris les intervenants des hôpitaux ou vous qui vous nourrissez de ce drame ?

  • Effectivement,selon le récit de cette mère,Ilya eu de graves disfonctionnements à la suite de ce drame.Ne serai-ce pas une hiérarchie trop compliquée dans les "donneurs d'ordres"(selon l'expression employée"),? Quelques soient les erreurs,ou incompétences,cela ne change rien au malheur des familles.Mais les"dicideurs", sauront-ils en tirer des conclusions pertinentes pour l'avenir ?

  • ...il me semble que ces enfants ne sont pas morts d'une erreur commise par l'hôpital... mais par l'imprudence de la conductrice. Cette personne ne chercherait-elle pas quelque indemnisation ?: Ah !, ce fameux instinct maternel.

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    jaunedeuf  (privé) -

    Votre cynisme ne vous grandit pas......

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    jaunedeuf  (privé) -

    Votre cynisme ne vous grandit pas......
    Je vous souhaite de ne jamais vivre ce que vivent ces familles, vous pourriez tomber sur un commentaire comme le vôtre.......

  • je comprend le désarroi et la colère de ces parents; Mais il faut imaginer que ce genre de scénario par sa rareté, fort heureusement, fait que même si les gens qui interviennent sont des professionnels des secours et de la prise en charge de victimes, personne n'a une solide expérience de catastrophes de cette ampleur où il y a énormément de facteurs vitaux à gérer prioritairement et rapidement. Pour avoir travaillé dans ce milieu je peux dire qu'on se préoccupe avant tout des vivants et des gestes techniques à effectuer d'urgence pour sauver une ou des vies, le reste ne vient qu’après, même si dit comme ça , ça peut paraitre inhumain. L'identification des victimes blessées ou DCD n'est pas LA priorité et il est bien entendu indispensable de savoir de quoi on parle avant d'informer les familles. On essaie toujours de limiter ces heures épouvantables pour les proches qui attendent et espèrent mais on ne peut pas se permettre de faire n'importe quoi et pour cela il faut du temps dans ces situations forcément chaotiques.

  • Stop. Attendez avant de conclure!! Ou est passée cette photo, que les flics ont vu, qu'un gamin a prise tout de suite après l'accident. On y voit la barrière levée et non cassée. Le père avait même confirmé. Elle était même sur le net!! Elle a disparu au bénéfice de qui? A la place, on y voit des traces a l'avant du car?? Vous souvenez-vous?