VIDÉO - Revivez le discours de Simone Veil à l'Assemblée nationale en faveur de l'avortement

VIDÉO - Revivez le discours de Simone Veil à l'Assemblée nationale en faveur de l'avortement
Simone Veil à la tribune de l'hémicycle, le 26 novembre 1974 (archive)

Orange avec AFP, publié le vendredi 30 juin 2017 à 12h50

Elle aura marqué l'histoire de la France tout entière à travers son combat pour les femmes autant que son engagement politique et son parcours personnel. Simone Veil, rescapée des camps de la mort, est décédée vendredi 30 juin à l'âge de 89 ans.

Le 26 novembre 1974, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, la ministre de la Santé d'alors monte à la tribune du palais Bourbon pour défendre une loi controversée : la légalisation de l'avortement.

Face à une Assemblée majoritairement composée d'hommes, elle prononce sur un ton calme un discours puissant d'une heure, devenu historique : "Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit de les écouter. C'est toujours un drame". En voici un extrait.



Ce discours a engendré un déchaînement de violence de la part des opposants à l'avortement. Le député Hector Rolland va jusqu'à reprocher à Simone Veil, rescapée de la Shoah, "le choix d'un génocide", tandis qu'un autre, Jean-Marie Daillet, lui rappelle les embryons "jetés au four crématoire".

"Je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter", confiera l'oratrice dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean ("Les hommes aussi s'en souviennent", paru en 2004). "Il y avait tellement d'hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d'hommes, dont certains cherchaient en sous-main des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu'un de leurs proches."

Le 29 novembre 1974, au cœur de la nuit, la loi est votée par 284 voix contre 189. La "loi Veil" est promulguée le 17 janvier 1975, autorisant l'IVG pour cinq ans. L'autorisation sera ensuite rendue définitive en 1979.

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