VIDÉO - Qui est l'assaillant de la Tour Eiffel ?

VIDÉO - Qui est l'assaillant de la Tour Eiffel ?
Samedi, un jeune homme a été arrêté pour avoir tenté de forcer un contrôle de sécurité de la Tour Eiffel. (photo d'illustration).

Orange avec AFP, publié le lundi 07 août 2017 à 17h25

PORTRAIT - La garde à vue du malade psychiatrique arrêté samedi soir à la tour Eiffel, où il avait brandi un couteau en criant "Allah Akbar", a été prolongée dimanche soir pour 24h.

Le profil du suspect se précise. Samedi soir 5 août, un jeune homme a été placé en garde à vue après avoir tenté de pénétrer dans la Tour Eiffel.

Un peu avant minuit, ce Français né en Mauritanie a franchi un portique de l'établissement en bousculant un agent de sécurité d'un coup d'épaule. Il a ensuite sorti un couteau en criant "Allah Akbar", avant d'être interpellé par des militaires de l'opération Sentinelle.

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête, ouverte pour "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d'atteinte aux personnes" et "tentatives d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique". Les investigations ont été confiées à la Section antiterroriste (SAT) de la Brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Au début, la piste terroriste n'était pas privilégiée. En garde à vue, le jeune homme, qui vient d'avoir 19 ans, a néanmoins affirmé qu'"il voulait commettre un attentat contre un militaire et était en lien avec un membre du groupe jihadiste État islamique (EI) qui l'aurait encouragé à passer à l'acte", a confié à l'AFP une source proche de l'enquête. Par ailleurs, il avait été condamné en décembre 2016 à quatre mois de prison assortis d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans pour apologie du terrorisme et menaces de mort. Selon Le Monde, les faits remontaient à juillet 2015, alors qu'il n'avait que 16 ans.

Depuis, il avait été enregistré au sein du fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), révèle Le Parisien.

HOSPITALISÉ EN PSYCHIATRIE

Sa garde à vue a été prolongée dimanche soir pour 24h. L'état de santé du jeune homme, qui vient d'avoir 19 ans, a été jugé compatible avec sa garde à vue. Il doit voir un psychiatre dans la journée, selon une source proche de l'enquête. Ses dernières auditions manifestent de "gros problèmes psychiatriques", prévient une autre source. Le jeune homme était hospitalisé dans un service psychiatrique depuis plusieurs mois et sa mesure d'hospitalisation avait été renouvelée le 27 juillet pour six mois. Il était en permission de sortie du 4 au 6 août.

Une hospitalisation qui était loin d'être la première selon Le Parisien, qui affirme qu'il "a multiplié les séjours en hôpital psychiatrique". Il a été suivi par un pédopsychiatre dès sa prime enfance et son arrivée en France, a raconté au quotidien un membre de sa famille. Ses troubles auraient débuté au collège et l'auraient conduit à fréquenter de nombreux centres spécialisés. "On a bien essayé de lui parler, mais sans résultats. Il prenait ses médicaments. En tout cas, il ne s'est jamais montré violent", insiste son entourage auprès du Parisien.

"Samedi, il nous a dit qu'il allait se promener sur les bords de l'Oise comme il en avait l'habitude, a expliqué ce membre de la famille. Mais il a finalement pris les transports pour se rendre à Paris. Il semblait dans son état normal. C'est un fan du PSG, avance ce membre de la famille. Peut-être a-t-il voulu tout simplement assister à cette soirée organisée dont il avait vu l'annonce sur BFMTV". Dans la soirée de son interpellation, la Tour Eiffel avait en effet été illuminée aux couleurs du club parisien, afin de célébrer l'arrivée de l'attaquant brésilien Neymar.

"MON FILS N'EST PAS UN JIHADISTE"

Selon une source policière, sa famille, musulmane pratiquante, n'est pas du tout radicalisée. "Dès qu'il est en colère, (...) il crie Allah Akbar (...) mais je peux vous assurer que mon fils n'est pas un jihadiste", a déclaré lundi sur BFMTV le père du jeune homme, qui pense que son fils a agi après avoir été irrité par un différend entre eux lors de cette permission de sortie.



"Il dit qu'il a des armes qu'il a gardées à la maison, d'après son audition", mais les policiers "n'ont rien trouvé", a indiqué le père, qui rapporte plusieurs perquisitions liées à son fils au domicile familial depuis 2013.

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