VIDÉO. Qu'est-ce que la fièvre porcine africaine, le virus qui fait trembler les éleveurs français ?

VIDÉO. Qu'est-ce que la fièvre porcine africaine, le virus qui fait trembler les éleveurs français ?
Des porcelets dans un élevage des Côtes-d'Armor le 15 décembre 2017.

Orange avec AFP, publié le vendredi 14 septembre 2018 à 18h27

Avec deux cas déclarés en Belgique, la fièvre porcine africaine menace désormais les élevages français. Le point sur une maladie sans traitement ni vaccin qui représente un risque majeur pour la filière porcine dans l'Hexagone.

Jeudi 13 septembre, les autorités sanitaires belges ont confirmé la découverte de deux cas de peste porcine africaine sur des sangliers. Une annonce qui fait trembler les éleveurs de porcs français menacés par ce virus contre lequel il n'existe ni vaccin ni traitement. S'il ne présente aucun risque pour l'homme, le virus se transmet très facilement et affecte en Europe les porcs et les sangliers. 

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a immédiatement réagi dans un communiqué, indiquant la mise en place immédiate d'un plan d'action renforcé contre la peste porcine africaine (PPA) auprès des préfets des Ardennes, de la Meuse, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, des départements frontaliers de la Belgique. Ce plan prévoit sur ces quatre départements "des mesures de zonage, de restrictions de certaines activités comme la chasse et de surveillance renforcée des élevages et de la faune sauvage" ainsi que "le renforcement des mesures de biosécurité pour éviter l'introduction du virus dans les élevages porcins et des mesures de surveillance en abattoir". Une réunion a réuni vendredi après-midi au ministère de de l'Agriculture l'ensemble de la filière porc mais aussi les chasseurs. 

Jean-François Treguer président de l'Association sanitaire régionale bretonne revient en trois questions sur ce risque économique majeur pour l'ensemble de la filière. 

D'où vient la peste porcine africaine (PPA), qui a été détectée en Belgique sur des sangliers ?

La peste porcine africaine est présente depuis 4 ou 5 ans dans les pays de l'est de l'Europe. On savait que le risque d'évolution était très fort. La question n'était pas de savoir si la PPA allait arriver, mais quand elle allait arriver. On imaginait que l'Allemagne serait la première touchée, vue la grande concentration d'élevage porcin dans le pays. Les Allemands étaient en train de s'organiser pour que la maladie n'arrive pas chez eux. Mais la PPA a franchi 1.000 km d'un coup en arrivant en Belgique. La filière porcine française est très inquiète depuis plusieurs mois, notamment en Bretagne qui représente 60% de la production porcine. La PPA représente un risque économique énorme : ça peut remettre en cause la pérennité de la filière. Les éleveurs sont très engagés dans la prévention.

Comment la maladie se transmet-t-elle ?

(...) Elle peut se transmettre de plusieurs façons : soit par contact d'un animal à un autre, soit par les transports, par un véhicule qui a circulé dans un territoire contaminé, soit par l'alimentation: la viande de porc ou la charcuterie selon la cuisson.Le scénario catastrophe serait un chauffeur routier polonais ou bulgare qui arrive en France avec un casse croûte contenant de la charcuterie venant d'une région contaminée de son pays, jette ce qu'il n'a pas consommé par la fenêtre, ou même dans une poubelle et qui est ensuite mangé par un sanglier. Car un des risques majeurs aujourd'hui c'est la faune sauvage, avec la prolifération des sangliers. Il y a aussi des sangliers d'élevage venus de Pologne et introduits par dizaines pour satisfaire un certain type de chasse, passant entre les mailles du filet. C'est pourquoi tout le réseau des Fédérations de chasse est un acteur majeur dans la protection contre cette maladie. En Allemagne il y a par exemple des campagnes massives d'abattage de sangliers pour éviter que la maladie ne se propage. 

Quels sont les signes de la maladie, et comment peut-on lutter contre elle ?

Il n'y a ni vaccin, ni traitement. Au début les animaux présentent de la fièvre, puis il y a des phénomènes d'avortements suivis de mortalité. Si un élevage est victime de PPA, il y aura abattage total, désinfection, mise en place d'un périmètre de sécurité et de la maîtrise du mouvement des animaux, ainsi que des contrôles de tout ce qui entre et sort de l'exploitation agricole, notamment l'aliment. La PPA fait partie des maladies de catégorie A, ce qui implique notamment une éradication immédiate, mais on ne s'interdit aucune nouvelle mesure.

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