VIDÉO. Procès Merah : le témoignage de Loïc Liber, soldat victime

VIDÉO. Procès Merah : le témoignage de Loïc Liber, soldat victime
Une plaque en hommage à Adel Chennouf, Mohamed Legouad et Loïc Liber, victimes de Mohamed Merah en mars 2012, le 15 mars 2013 à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Orange avec AFP, publié le mercredi 11 octobre 2017 à 10h30

Depuis le 2 octobre, le frère de Mohamed Merah, Abdelkader, est jugé à Paris pour "complicité" des assassinats terroristes commis par son frère. En mars 2012, ve dernier avait tué trois militaires, un enseignant et trois enfants d'une école juive, au nom du jihad, avant d'être tué par la police.

À ses côtés, est également jugé Fettah Malki, à qui il est reproché d'avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles, un pistolet-mitrailleur et des munitions utilisés par le tueur.

Mardi, devant les assises spéciales de Paris, Abdelkader Merah a pour la première fois présenté ses excuses aux victimes. Mais Loïc Liber, militaire blessé par le terroriste à Montauban, désormais tétraplégique, "n'y croit pas", et souhaite qu'il soit condamné.



Atteint le 15 mars 2012 de plusieurs tirs, qui avaient notamment touché sa moelle épinière, le caporal-chef est toujours hospitalisé aux Invalides, à Paris. Il suit le procès à distance par visio-conférence, et témoignera le 25 octobre.



"Ce n'est pas un bon moment pour moi, je suis triste, je suis malheureux. Aujourd'hui, je ne suis plus sur mes deux pieds alors qu'auparavant j'étais autonome, je vivais pleinement la vie. Je suis vraiment anéanti. Ce que j'attends vraiment de ce procès, c'est vraiment la justice, qu'ils puissent vraiment faire tout leur possible pour ne pas laisser cet individu s'en sortir ainsi. J'espère qu'ils seront condamnés", a-t-il témoigné sur RTL mercredi 11 octobre.

Les regrets d'Abdelkader Merah ? "Ça ne me touche pas du tout qu'on fasse ça. Moi qui suis un soldat de l'armée française, je peux comprendre que je fais un métier à risque puisqu'être soldat c'est un choix. En plus de m'avoir fait ça, avoir en plus tiré sur des enfants, c'est honteux, c'est lâche, c'est vraiment... J'arrive même pas à donner le terme. Alors qu'il dise qu'il a honte, moi j'y crois pas". Le soldat estime qu'Abdelkader Merah est responsable de ce drame. "Son frère est un monstre, il a incité son frère, poussé son frère vu l'âge qu'il avait quand il m'a tiré dessus, pour moi c'était un gamin à cet âge là."

Au procès, les proches des victimes n'ont pas non plus réagi aux excuses d'Abdelkader Merah, adressées aux "croyants". Elles ont en revanche provoqué la colère de l'avocate générale, Naïma Rudloff : "C'est insupportable d'entendre qu'il s'agit ici d'une affaire de croyants. Nous sommes dans une cour d'assises et les liens entre Mohamed et Abdelkader, ce ne sont pas des liens du sang ou des liens de religions mais des liens juridiques !"

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