VIDÉO. Procès du frère de Mohamed Merah : "Abdelkader n'a rien fait", clame sa mère

VIDÉO. Procès du frère de Mohamed Merah : "Abdelkader n'a rien fait", clame sa mère
Zoulikah Aziri, mère de Mohamed et Abdelkader Merah, le 2 octobre 2017 devant les assises spéciales de Paris.

Orange avec AFP, publié le lundi 02 octobre 2017 à 21h40

JUSTICE. Zoulikah Aziri s'est exprimée à la sortie de la cour d'assises spéciale du palais de justice de Paris, lundi 2 octobre au premier jour du procès de son fils Abdelkader Merah.

Elle se dit "angoissée pour lui".

En mars 2012, Mohamed Merah tuait au nom du jihad trois militaires, un enseignant et trois enfants d'une école juive avant d'être tué à son tour par la police. Le procès de son frère Abdelkader, accusé de "complicité", s'est ouvert lundi devant les assises spéciales de Paris dans un climat tendu.

L'enjeu principal du procès, prévu pour durer un mois, est de déterminer le rôle exact qu'a joué l'homme de 35 ans dans les tueries exécutées en solo par son frère. Il est accusé d'avoir "sciemment" facilité "la préparation" des crimes de son frère en l'aidant notamment à dérober le scooter utilisé lors des faits.

"ON NE VA PAS JUGER UNE AUTRE PERSONNE QUI N'A RIEN FAIT"

Mais Zoulikah Aziri, mère des deux hommes, ne l'entend pas de cette oreille. "Mohamed Merah, ce qu'il a fait, je ne suis pas d'accord. Mais Abdelkader Merah, c'est dur pour lui parce qu'il n'a rien fait, et il est là", a-t-elle déclaré devant les micros et les caméras à la sortie de la cour d'assises spéciale du palais de justice de Paris.

"Il n'a rien fait. Il a passé cinq ans et demi (en prison) pour rien", a-t-elle affirmé. "C'est vrai que ce que Mohamed a fait n'est pas bien, je suis désolée pour les familles (des victimes), mais Abdelkader n'a rien fait. Je suis angoissée pour lui", a-t-elle poursuivi, au bord des larmes. "Mohamed il est mort, il a fait ce qu'il a fait et il est mort. Il n'est pas vivant. S'il était vivant, il serait jugé. On ne va pas juger une autre personne qui n'a rien fait", a-t-elle ajouté.



"J'attends un procès juste. J'ai confiance en la justice", a-t-elle conclu.

FETTAH MALKI ÉGALEMENT SUR LE BANC DES ACCUSÉS

Fettah Malki, délinquant toulousain et ami de Mohamed Merah, est également jugé pour "complicité" aux côtés d'Abdelkader Merah. Il se voit reprocher d'avoir fourni un gilet pare-balles, un pistolet-mitrailleur et des munitions, utilisés pour perpétrer les crimes.

Incarcéré dans l'affaire Merah en 2013 à Fleury-Mérogis, il a été placé dans une unité dédiée pour détenus radicalisés avant d'en être extrait. "Ils ont bien vu qu'il n'avait rien à y faire", a souligné son avocat Edouard Martial pour qui son client relève "du droit commun". "Je ne suis pas religieux, je ne pense pas que je peux être considéré comme musulman", a assuré l'accusé à l'audience, précisant qu'il ne faisait pas le ramadan.

Sur le pistolet-mitrailleur Uzi utilisé par Merah, il a assuré lui avoir donné "pour qu'il le nettoie". "Pour le gilet pare-balles, il m'a harcelé pour l'avoir", a-t-il ajouté. "Quand j'ai acheté ces armes, j'ai pensé pouvoir gagner de l'argent avec. Mais je les ai gardées, pour me protéger" et "faire du tir en forêt", a-t-il affirmé. "j'ai commis une erreur en les confiant à Merah, je ne voulais pas qu'elles servent à tuer".

Il risque vingt ans de prison et Abdelkader Merah, la prison à perpétuité.

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