VIDÉO. Prisons sous tension : la garde des Sceaux Nicole Belloubet sifflée devant la prison de Borgo

VIDÉO. Prisons sous tension : la garde des Sceaux Nicole Belloubet sifflée devant la prison de Borgo
La ministre de la Justice Nicole Belloubet devant l'hôpital de Bastia, en Corse, le 19 janvier 2017.

Orange avec AFP, publié le vendredi 19 janvier 2018 à 20h02

Après s'être rendue au chevet des deux gardiens de prison attaqués au couteau par un détenu radicalisé, la ministre de la Justice est allée à la rencontre des agents pénitentiaires de la prison de Borgo (Corse), où elle a été huée.

Après une succession d'agressions, une mobilisation nationale des surveillants pénitentiaires est engagée depuis le début de la semaine. La nouvelle agression au couteau de deux gardiens de la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse) vendredi 19 janvier, alors que se tenait dans le même temps des négociations entre syndicats et administration pénitentiaire à Paris, a amplifié leur colère.



Selon la direction de l'administration pénitentiaire, les deux surveillants, dont le pronostic vital n'est pas engagé, ont été attaqués par trois détenus de droit commun. Le rôle d'éventuels complices de l'auteur principal des faits, signalé pour radicalisation religieuse et sur lequel une enquête avait été ouverte par le parquet de Bastia, restait à préciser.

"ON NE VEUT PAS TE PARLER"

La ministre de la Justice Nicole Belloubet s'est rendu dans l'après-midi au chevet des victimes à l'hôpital de Bastia, dénonçant une agression "grave et intolérable". À sa sortie de l'hôpital, la garde des Sceaux est allée à la rencontre des agents qui manifestaient devant la maison d'arrêt, pour tenter d'engager une discussion. Mais elle a été sifflée et huée par la centaine d'agents rassemblés devant l'établissement et qui ont refusé de lui parler, lui tournant le dos, ont constaté plusieurs journalistes.

"On ne veut pas te parler, retourne à Paris", "Vous ne faites rien", ont scandé des agents alors que la ministre, entourée de gendarmes, tentait d'ouvrir le dialogue après s'être entretenue à l'intérieur avec les organisations syndicales et des agents.



LA MINISTRE PROMET DES RÉPONSES

"Je crois qu'il y a beaucoup d'émotion dans ce que disent les surveillants qui ont été touchés et les personnels de l'établissement. Beaucoup d'émotion, beaucoup de colère", a déclaré la ministre lors d'un point-presse rapide à l'issue de ces rencontres dans l'établissement. Elle a ajouté "comprendre parfaitement" cette colère. La ministre a évoqué les préoccupations exprimées par le personnel : "à la fois leur souhait d'avoir une garantie de sécurité affirmée, que ce soit en terme d'équipement, en terme d'autorité de personnel, également en terme de processus de gestion des détenus" et "leur souci autour de la manière dont étaient pris en compte les détenus radicalisés". "Je m'engage sur tous ces points à leurs apporter des réponses", a-t-elle promis, ajoutant, en référence aux négociations en cours, qu'elle "attendrait la fin de ces discussions pour faire des annonces précises".

Elle a précisé qu'à sa connaissance, outre "la personne à l'origine de la tentative d'assassinat, je ne crois pas qu'il y ait d'autres détenus radicalisés" dans le centre pénitentiaire de Borgo. Elle a par ailleurs confirmé que ce détenu "n'était fiché dans aucun de nos fichiers" donc "il n'y a eu aucun manquement de mon point de vue", a-t-elle assuré. Concernant ces détenus radicalisés, elle a assuré que des "dispositifs précis" étaient mis en place "sur l'ensemble de la France" pour qu'ils soient placés "soit à l'isolement soit dans des quartiers spécifiques".

Guillaume Polleux, délégué CGT de l'établissement qui a participe à la réunion avec la ministre, a appelé la ministre à "trouver des solutions. Il faut refaire les budgets, il faut du matériel, des effectifs... qu'on sache au moins rester en vie", a-t-il dit aux médias.

Après cette visite à Borgo, la ministre a rejoint la préfecture de Haute-Corse à Bastia où elle devait participer à une réunion avec des élus locaux dont Gilles Simeoni, président du conseil exécutif, le mini-gouvernement de Corse, qui était présent devant la prison.

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