VIDÉO. Pillages à Saint-Martin : "Je choisis d'abord le secours et ensuite la sécurité", explique Girardin

VIDÉO. Pillages à Saint-Martin : "Je choisis d'abord le secours et ensuite la sécurité", explique Girardin
Annick Girardin avec le président de la collectivité de Saint-Martin Daniel Gibbs (à gauche) le 7 septembre 2017 à Saint-Martin.

Orange avec AFP, publié le lundi 11 septembre 2017 à 09h30

OURAGAN IRMA. Selon la ministre des Outre-mer, la situation est désormais sous contrôle à Saint-Martin.



Cinq jours après le passage de l'ouragan monstre Irma, le désordre préside toujours et Saint-Martin, dévastée à 95%, vit encore dans la psychose des pillages. "Mais par pitié, faites quelque chose! Les magasins rue de la Liberté sont en train de se faire piller!", s'époumone Estelle Kalton, qui tient deux magasins de prêt-à-porter avec son mari, devant les gendarmes à Marigot, le chef-lieu de l'île, rapporte l'AFP. La situation n'est pas anodine. Dans la zone commerciale de Bellevue, au sud de la ville, deux gendarmes patrouillent entre les hangars. "Je vire un pilleur d'ici toutes les 10 minutes", explique un des militaires.

Interrogée depuis la Guadeloupe par BFMTV lundi matin 11 septembre (horaire de Paris), la ministre des Outre-mer Annick Girardin assure de son côté que "les pillages se sont arrêtés". "Il peut y avoir encore quelques vols et il y en aura toujours", prévient-elle néanmoins, tout en précisant que "Saint-Martin avait déjà un très haut taux de violence et de délinquance juvénile avant le cyclone Irma, et que ça n'arrange rien."

"Il y a deux types d'événements qui sont arrivés, il ne faut pas les confondre, insiste-t-elle. Il y a les pilleurs, ceux qui sont allés voler par opportunité (...). Et il y a des hommes, des femmes, des familles même, qui ont vu des commerces éventrés, et qui sont allés se servir parce qu'ils avaient faim, parce qu'ils avaient soif ou parce qu'ils avaient peur que ça leur arrive à eux, à leurs enfants. Moi j'ai vu les deux."



Et la ministre, qui a passé trois jours à Saint-Martin, de poursuivre : "Je veux dire à ceux qui disent 'plus de sécurité, davantage de sécurité et priorité à la sécurité'. Et bien non. Quand je suis sur place, s'il faut que je décide entre arrêter celui qui vient de voler une télé ou faut-il aller au secours d'une mère de famille et de ses enfants, je choisis d'abord le secours et ensuite la sécurité."

"UN TRAVAIL DE LONGUE HALEINE, QUI VA DURER DES MOIS"

Sur France Inter, elle a annoncé que 1.000 personnes touchées par l'ouragan Irma avaient été évacuées, lundi, de l'île de Saint-Martin vers la Guadeloupe. "Cela va encore se renforcer dans les vingt-quatre à quarante-huit heures, avec des moyens maritimes, parce qu'il y a une plus grosse capacité pour rapatrier ou accompagner ceux qui veulent quitter le territoire", a-t-elle ajouté.



"Pour se reconstruire, ce territoire a besoin de ses hommes, il a besoin de ses femmes, a estimé la ministre. Avec le président de la collectivité, nous avons tenu à redonner espoir en disant : 'Nous rentrons dans cette phase de reconstruction, on a besoin de tout le monde'." La ministre des Outre-mer a dit prévoir "un travail de longue haleine, qui va durer des mois et des mois."

"IL N'ÉTAIT PAS QUESTION D'EXPOSER QUI QUE CE SOIT"

Alors que les critiques se sont multipliées à l'égard du gouvernement, concernant la mauvaise anticipation et gestion du passage de l'ouragan, Mme Girardin défend une nouvelle fois l'action de l'État. "Quand on a connu l'horreur (...) oui, on peut se sentir abandonné mais je veux dire combien les services publics ont été présents, que les hommes et les femmes sur ce territoire ont commencé à intervenir rapidement après le passage de l'ouragan", a-t-elle expliqué sur BFMTV.

"Je voudrais rappeler à tout le monde qu'après Irma, il ne s'agissait pas de reconstruire, puisque nous avions un deuxième cyclone, José, qui devait frapper à nouveau Saint-Martin et Saint-Barthélemy (...) Il n'était donc pas question d'exposer qui que ce soit", a-t-elle également dit sur France Inter.

"L'État a été à la hauteur", avait-elle déclaré la veille, assurant que les secours, militaires et forces de l'ordre dépêchés sur l'île atteindraient le nombre de 2.000 d'ici dimanche soir.

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