VIDÉO. Notre-Dame-des-Landes : la ministre des Transports Elisabeth Borne face à la colère des riverains

VIDÉO. Notre-Dame-des-Landes : la ministre des Transports Elisabeth Borne face à la colère des riverains

Des riverains en colère à Saint-Aignan-Grandlieu le 27 janvier 2018.

Orange avec AFP, publié le samedi 27 janvier 2018 à 18h29

Les riverains de Saint-Aignan-Grandlieu, commune située en bout de piste de l'aéroport de Nantes-Atlantiques, crient à la "trahison" après l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Dix jours après l'abandon par le gouvernement du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), la ministre des Transports Elisabeth Borne s'est rendue samedi 27 janvier au chevet d'élus "inquiets", pour tenter de les rassurer avant de préparer l'aménagement de Nantes-Atlantique.

La ministre a reçu un accueil des plus hostiles de la part des riverains à son arrivée à Saint-Aignan-Grandlieu, commune située en bout de piste de l'aéroport de Nantes-Atlantiques, où elle a rencontré le maire après des entretiens avec le Président du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, la Présidente de la Région Pays de la Loire et la Maire de Nantes.

"Macron trahison, Macron démission", "Saint-Aignan sacrifiée, Saint-Aignan humiliée", "La préfète dans la ZAD", ont hurlé les manifestants, 800 selon les gendarmes, 1.000 selon les organisateurs, jetant des bulletins de vote factices, et déposant un cercueil noir rempli de cartes d'électeurs, barré d'un "Ci-gît la démocratie", au passage de la ministre. Des riverains ont ensuite tenté de forcer les barrières, avant d'être repoussés par les forces de l'ordre. 

Après s'être engouffrée à 12h30 dans la mairie, Mme Borne s'est éclipsée une heure après par la porte de derrière pour éviter de croiser la foule hostile qui la huait.

"Un coup de poignard dans le dos"

"Notre-Dame-des-lâches", "État de non-droit", "Zone d'autorité différée", pouvait-on lire sur les nombreuses pancartes tenues par les manifestants, qui accompagnaient une banderole proclamant "Macron trahison" déployée sur la façade de l'hôtel de ville. 

"Le matin, dès 4h, 6h, j'entends les avions. Le bruit des moteurs des avions, c'est tout le temps, tout le temps. On n'en peut plus. Ca devient une peur panique", a témoigné Pascale Van Twembeke, habitante de Bouguenais, où est situé l'aéroport de Nantes. " Notre Judas de président a dit qu'il respecterait le vote des citoyens de Loire-Atlantique. (...) Il a  délibérément choisi de rayer de la carte de France une commune, celle de Saint-Aignan-Grandlieu", a lancé au mégaphone Joël Sauvaget, porte-parole du Coceta, collectif de citoyens de Saint-Aignan-Grandlieu. 

"C'est une vraie trahison, un coup de poignard dans le dos. La colère est loin d'être retombée", a déploré Jean-Claude Lemasson, maire de Saint-Aignan, avant de recevoir la ministre. L'abandon du transfert de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ce n'est "qu'un discours. Aucun acte administratif n'annule le dossier Notre-Dame-des-Landes", a-t-il espéré.

Des travaux engagés "très rapidement"

"L'objectif, c'est d'ouvrir une nouvelle page", a déclaré plus tard dans l'après-midi à la presse Mme Borne, dans un salon de l'aéroport de Nantes. "Après des années d'indécision dans ce dossier, une décision s'imposait, elle était nécessaire pour sortir de l'impasse. Cette décision a été prise. Bien sûr, elle suscite chez certains de la déception, voire de la colère", a-t-elle relevé.

L'abandon définitif du projet de transfert "suscite aussi des inquiétudes. Donc mon objectif, c'est de lever les inquiétudes", a ajouté Mme Borne, qui se rendait ensuite à Rennes, à la rencontre des élus bretons.

"Très rapidement", des travaux seront engagés à Nantes-Atlantique "pour accueillir dans de bonnes conditions les passagers", a promis la ministre, alors que la plateforme a franchi à l'automne le cap des cinq millions de passagers annuels, et qu'elle devrait en accueillir 9 millions à horizon 2040. Mais "beaucoup de sujets doivent être travaillés", sur la nouvelle aérogare de Nantes, sa desserte, sur les complémentarités entre les différentes plateformes du Grand Ouest, ou encore sur la réduction des nuisances sonores, a concédé la ministre.

Une mission de six mois

Le Premier ministre Édouard Philippe l'a chargée d'une mission de six mois pour préciser les conditions du développement de Nantes-Atlantique, ainsi que celui des autres plateformes aéroportuaires du Grand Ouest, et assurer une meilleure connexion avec les plateformes parisiennes par TGV.

"Aujourd'hui, il faut repenser ces projets de développement du Grand Ouest, donc c'est ce travail qu'on va faire d'ici six mois, avec les élus, avec les acteurs du terrain", a indiqué Mme Borne, qui a promis de revenir sur le terrain "à mi-parcours" de sa mission.

La ministre des Transports a par ailleurs réaffirmé que l'aménagement de Nantes-Atlantique, dont le coût est évalué à environ 450 millions d'euros, serait à la charge du concessionnaire, via les compagnies aériennes.

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208 commentaires - VIDÉO. Notre-Dame-des-Landes : la ministre des Transports Elisabeth Borne face à la colère des riverains
  • Et cette manifestation n'est que le début .... on est probablement reparti pour de longues années à venir de procédures ....

    Ce qui a été décidé traduit surtout une véritable indécision, voire un refus de décision ... cela va en effet à l'encontre de toutes les décisions des juridictions diverses qui se sont déjà, et à plusieurs reprise, prononcées ...

  • Notre Dame des Landes comme madame la ministre sont indisponibles .Pour toutes revendications voyez avec Notre Dame de Lourdes.

  • si il est vrai que les manifestant espérait l'abandon de l'aéroport de nantes pour une plus value de leur foncier il n'en est pas moins vrai que la parole présidentielle n'a pas été respectée (meme le pire des maquignons respecte sa parole au risques de désagréments) et le référendum populaire renié sans vergogne au mépris du peuple mais pour le respect de la parole donnée et du peuple il aurait fallu y penser avant d'élire un surhomme qui s'écoute parler et pense avoir la science infuse

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    grisounet46  (privé) -

    A lire les commentaires, beaucoup croient que c'est l'Etat (le contribuable) qui finance les aéroports importants.
    Il convient de rappeler que l'Etat (les collectivités locales) ne financent guère que et les accès, le terrain est concédé au concessionnaire (Vinci pour NDDL) qui, avec les redevances aéroportuaires versées par les compagnies aériennes et autres avions se posant sur l'aéroport, financent la construction et l'exploitation des aéroports, l'Etat recevant le loyer de concession .
    Les petits aéroports (moins de 2 millions de passagers) par contre, sont déficitaires et ne peuvent subsister qu'avec la participation des collectivités locales concernées .

  • Tout à fait d'accord avec titi5858. Nombreux à St Aignan et Bouguenais se sont installés avec l'existence de l'aéroport donc en connaissance de cause. D'ailleurs nombreux sont aussi ceux qui en vivent. Ces gens qui revendiquent donnent l'impression qu'à NDDL les avions auraient été silencieux !!
    Et arrêtez de dire que les zadistes ont gagné : ils ne sont que quelques 200. On semble oublié les habitants de NDDL et des communes avoisinantes et même au delà et qui ne voulaient pas l'aéroport et pour différentes raisons et pas seulement celui de nuisance.
    Et pourquoi agrandir celui de Nantes ? Est-ce bien nécessaire ? Ni il y a t'il pas d'autres priorités dans notre conjoncture actuelle?

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