VIDÉO - Michel Neyret "regrette" les six derniers mois de sa vie de policier

VIDÉO - Michel Neyret "regrette" les six derniers mois de sa vie de policier
Michel Neyret arrive au tribunal de grande instance de Paris, le 9 mai 2016.

, publié le mardi 05 juillet 2016 à 19h30

- À l'issue de son jugement, l'ancien patron de la PJ lyonnaise a expliqué vouloir "mettre un terme à cette épreuve". Il ne fera pas appel.

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L'ancienne star déchue de la police a été condamnée ce mardi 5 juillet à deux ans et demi de prison ferme pour "trafic d'influence et corruption" par le tribunal correctionnel de Paris, devant lequel il était jugé avec huit autres prévenus. L'ancien policier, qui a déjà effectué huit mois de détention provisoire dans ce dossier, ne retournera pas derrière les barreaux, sa peine étant aménageable.

"Il est difficile de se réjouir d'un jugement", a-t-il indiqué à i-Télé mardi. "Je veux mettre un terme à cette épreuve", a-t-il insisté. Et de poursuivre : "Je ne regrette pas ma vie de policier. Je regrette ces six derniers mois car je n'ai pas été assez professionnel." Si cette période a, selon lui, détruit sa "vie complète", sa "réputation" et son "honneur", l'ancien super flic ne fera pas appel du jugement.



CADEAUX ET ARGENT LIQUIDE

Le jugement souligne la "gravité" des faits reprochés à l'ex-policier, estimant que celui-ci avait "perdu" dans ce dossier "tout sens de la limite légale", entrant dans un fonctionnement où "la fin justifie les moyens". La justice a condamné Michel Neyret pour avoir fourni des informations confidentielles à des membres du milieu lyonnais, présentés comme des indics, en échange d'avantages, de cadeaux et d'argent liquide, et pour avoir prélevé sa dîme sur une saisie de stupéfiants pour rétribuer des informateurs.

L'affaire avait créé un traumatisme dans la police. Après 32 ans de carrière, dont vingt à la tête de la prestigieuse brigade antigang de Lyon, Michel Neyret, adulé par ses équipes et ses supérieurs, et décoré de la Légion d'honneur pour ses résultats, était une légende au moment de sa chute.

Durant le procès, l'ex-policier a reconnu s'être perdu dans la gestion de ses indics. Selon lui, les cadeaux reçus provenaient d'informateurs devenus des amis qui voulaient lui "faire plaisir". Sur les prélèvements de stupéfiants, il a assumé cette pratique pour fidéliser des indics tout en affirmant, sans convaincre, n'y avoir eu recours qu'à une seule reprise pour 300 grammes de résine de cannabis.

UN "BON POULET"

Neyret "avait la confiance et l'estime de ses hommes", explique Bernard Trenque, patron de la PJ lyonnaise de 1995 à 2002, resté "son ami". Il souligne son "sang-froid particulier" et "cette qualité éminente de calmer les gens autour de lui". "Comme tout bon poulet, il avait quelque chose d'un peu voyou, il voulait réussir, faire de belles enquêtes (...) et il se défonçait pour ses indics", renchérit l'un d'eux dans une biographie signée par le journaliste lyonnais Richard Schittly. Au point de franchir la ligne jaune dans sa façon de les rémunérer.

Nombre de collègues et magistrats décrivent aussi un "grand professionnel" aux "résultats impressionnants". Certains ont témoigné en sa faveur. Mais sur la drogue, la procureure s'était pourtant interrogée : "Est-on un grand flic quand on demande à ses subordonnés de commettre des infractions, quand on met le monde judiciaire à l'écart, quand on est le seul à définir les règles ?"

Interdit de séjour dans le Rhône dans le cadre de son contrôle judiciaire allégé, ce grand amateur de soirées mondaines, qui se flattait d'être un "people", vit désormais en Isère, où son épouse tient un hôtel. Il continuera d'y jouer au golf et d'y faire du vélo.

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