VIDÉO. Macron, Mélenchon, Hamon : quand François Hollande étrille la classe politique

VIDÉO. Macron, Mélenchon, Hamon : quand François Hollande étrille la classe politique
L'ex-chef de l'État François Hollande, en visite à Athènes le 15 novembre 2018

Orange avec AFP-Services, publié le jeudi 07 février 2019 à 10h27

Invité de Sciences-Po Paris mercredi soir, l'ex-chef de l'État a donné une conférence sur "l'avenir de la social-démocratie" en France et en Europe. Il en a profité pour tirer à boulets rouges sur ses opposants comme sur ses ex-alliés. En guise de tacle à son successeur, Emmanuel Macron, l'ancien locataire de l'Élysée a affirmé qu'il savait "dès le début de (son) mandat" que le prix du carburant, à l'origine de la colère des "gilets jaunes", deviendrait "un sujet inflammable". 

"Il ne faut jamais s'autoflageller". Mercredi 6 février, François Hollande a livré une leçon de politique aux étudiants de Sciences-Po, dans le fond et dans la forme. Évoquant les raisons du désamour entre les Français et leurs dirigeants, l'ex-président de la République en a profité pour distribuer des mauvais points à la classe politique. 

L'ancien président s'est notamment attaqué, sans le nommer, à celui qui fut son ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, critiquant son arrogance. "Je savais que le prix du carburant allait devenir un sujet inflammable", a lancé François Hollande, cité par Le Parisien. Et de poursuivre : "Il n'y a rien de pire pour un citoyen que de s'entendre donner des leçons par quelqu'un qui ne vit pas dans les mêmes conditions", en référence au mouvement des "gilets jaunes".

"Il faut savoir parfois reculer quitte à y revenir un peu plus tard. Pour dénouer un conflit, il faut trouver des interlocuteurs et les syndicats sont souvent les mieux placés", a insisté le retraité de la vie politique, qui dirige désormais sa fondation "La France s'engage".

Mélenchon, pas une "réelle alternative"

Après s'en être pris à son successeur, François Hollande a amoché le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, l'ancien socialiste ne représente pas une option valable. "Ceux qui appellent à la révocation de l'exécutif comme sortie de crise, ne représentent pas une réelle alternative", a déclaré l'ancien chef de l'État.

Même Benoît Hamon y passe. "Je préfère avoir une vision qui fait 28% des voix que 6%...", a lâché François Hollande, en référence aux scores des deux hommes lors du premier tour des présidentielles de 2012 et de 2017. La 

Les Républicains "plus à droite que l'extrême droite"

Sans surprise, l'ex-chef de l'État s'est également opposé à la ligne actuellement défendue par Les Républicains. "C'est quand même invraisemblable ce qui se passe", a-t-il déclaré. "La droite choisit un candidat pour les élections européennes plus à droite que l'extrême droite, allez comprendre." Pour les élections européennes de mai prochain, le parti de Laurent Wuaquiez a opté pour François-Xavier Bellamy, un proche du mouvement Sens commun et de La manif pour tous, comme tête de liste.

Dès lors que ce terrain est occupé par l'extrême droite, comment aller imaginer que des électeurs de droite puissent aller massivement vers cette liste ? Je ne m'en satisfais pas, parce que la France, elle a besoin d'un parti de droite, elle a besoin de la social-démocratie, elle a besoin de partis qui correspondent à une valeur, à une histoire", a-t-il dit. 

Quant au Parti socialiste, il faut une "ligne de conduite, une ligne de force, et une identité", a estimé l'ancien président. " Moi, ce que je peux conseiller, c'est de rassembler, mais de rassembler autour de la force principale, si tant est que le Parti socialiste l'est encore, et d'être clair sur les intentions, les projets et les propositions. Autrement, je crois qu'on ne parviendra pas forcément au rassemblement", a-t-il insisté.

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