VIDÉO. "Je fais confiance à la justice" : le témoignage poignant de la mère d'une victime de Mohamed Merah

VIDÉO. "Je fais confiance à la justice" : le témoignage poignant de la mère d'une victime de Mohamed Merah
Yaffa Monsonego, dont la fille a été tuée par Mohamed Merah. Capture d'écran d'un document BFMTV

publié le jeudi 02 novembre 2017 à 08h20

TÉMOIGNAGE. La cour d'assises de Paris doit dire jeudi si Abdelkader Merah est complice ou non des attentats perpétrés en mars 2012 à Toulouse et Montauban.

Entre le 11 et le 19 mars 2012, Mohamed Merah a assassiné sept personnes à Toulouse et Montauban, avant d'être abattu le 22 mars par les forces d'élite de la police.

Parmi les victimes, trois enfants juifs devant le collège Ozar Hatorah à Toulouse, dont Myriam Monsonego, 8 ans, fille du directeur. Cinq ans après le drame, la douleur est toujours aussi vive pour la mère de la fillette, qui a pris la parole pour la première fois mercredi 1er novembre. Elle "était la joie de vivre, et on lui a arraché la vie", souffle-t-elle.

"Depuis cinq ans et sept mois, (...) la douleur est la même, si ce n'est pas plus. C'est comme si on nous avait coupé un pied, on ne peut pas marcher", a confié Yaffa Monsonego devant les caméras de BFMTV à la veille du verdict de la cour d'assises de Paris concernant la complicité ou non d'Abdelkader Merah dans meurtres de son frère. "Si je puis dire, c'est pour ça qu'on n'est pas venus (au procès). (...) On n'a pas de pieds pour aller là-bas", explique-t-elle. "Le cœur est plein. On peut pas rajouter quelque chose d'autre."

"JE NE CROYAIS PAS QUE ÇA ALLAIT ÊTRE LA DERNIÈRE FOIS"

Le souffle coupé, elle raconte ce funeste 19 mars 2012. "C'est la seule fois où je l'ai laissée partir avec son père à l'école, murmure-t-elle. Je l'ai accompagnée dans la voiture, c'est sûr que je l'ai embrassée, je lui ai dit 'au revoir', je ne croyais pas que ça allait être la dernière fois."

Yaffa Monsonego, vit toujours près des lieux de l'attaque. Un quotidien très difficile à assumer. "Je n'arrive pas à ouvrir le portail (de l'école). Je ne peux pas faire le code pour entrer. Et des fois, je peux attendre une demi-heure jusqu'à ce que quelqu'un vienne et m'ouvre la porte", assure-t-elle.

Elle assure faire "confiance à la justice française". "J'espère que (les juges) vont faire leur travail comme il faut, qu'on n'oublie pas (les victimes). Ce n'est pas la peine de dire les mots de l'assassin, ce sont les victimes dont on doit se rappeler".



Après cinq semaines d'audiences sous haute tension, la cour d'assises de Paris doit rendre jeudi 2 novembre son verdict dans le procès d'Abdelkader Merah. L'avocate générale, Naïma Rudloff, a réclamé la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans contre l'homme qui est accusé d'avoir "sciemment" facilité "la préparation" des crimes de son frère et 20 ans contre Fettah Malki.

La défense de Abdelkader Merah a plaidé l'acquittement, demandant à la cour de juger "dans le respect du droit" et en constatant "l'absence de preuve" des assertions de l'accusation. Les avocats de Fettah Malki ont également demandé à ce que leur client soit jugé pour ce qu'il est et ce qu'il a fait et pas pour "une potentialité terroriste" avancée sans preuve par l'avocate générale.

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