VIDÉO. "J'ai eu la peur de ma vie" : le témoignage d'une deuxième victime présumée de Tariq Ramadan

VIDÉO. "J'ai eu la peur de ma vie" : le témoignage d'une deuxième victime présumée de Tariq Ramadan
Tariq Ramadan à Bordeaux le 26 mars 2016.

Orange avec AFP, publié le mercredi 22 novembre 2017 à 18h25

TÉMOIGNAGE. La deuxième Française à avoir porté plainte pour viol contre l'islamologue suisse a livré mercredi 22 novembre un témoignage accablant.

Le 20 octobre dernier, Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante féministe et laïque, a déposé plainte pour viol et agressions sexuelles à l'encontre de l'islamologue et théologien suisse Tariq Ramadan, poussée par la campagne #BalanceTonPorc.

Pour lui, "soit vous êtes voilée, soit vous êtes violée", confiait-elle.

Une semaine plus tard, une nouvelle plainte contre le Suisse est déposée à Paris, Tariq Ramadan dénonçant alors "une campagne de calomnie". Mercredi 22 novembre, cette deuxième victime présumée s'est confiée sous couvert d'anonymat à BFMTV.

Les faits remontent au 9 octobre 2009, dans un hôtel de Lyon. Après avoir échangé pendant plusieurs mois sur les réseaux sociaux, des échanges "cordiaux, polis, professionnels et religieux", Tariq Ramadan donne rendez-vous à Christelle (son prénom a été modifié, ndlr), convertie à l'islam depuis deux ans, en marge d'une de ses conférences.

"PLUS JE HURLAIS, PLUS IL COGNAIT"

"Il était dans mon dos et quand je me retourne, ce n'est plus la même personne que j'ai en face de moi", raconte Christelle, handicapée à la jambe et aujourd'hui âgée de 45 ans. "J'avais l'impression d'avoir docteur Jekyll et Mister Hyde. Un regard de fou, terrifiant. La mâchoire serrée."

C'est à partir de ce moment que la situation aurait dégénéré. "Il me donne un coup dans la béquille, il me fait tomber et il me récupère par les cheveux et j'ai eu la peur de ma vie. Et là, c'est l'enfer, c'est des coups, c'est des violences sexuelles, des mots ignobles, d'une vulgarité sans nom", raconte-t-elle à BFMTV, précisant que l'agression a duré "des heures". "J'ai hurlé, je hurlais 'Au secours !', j'ai hurlé 'Non !'. Et plus je hurlais, plus il cognait".

Cela aurait duré "des heures". Son témoignage est appuyé par des certificats médicaux qui dénombrent plusieurs hématomes et des lésions aux parties intimes.



"J'AI BESOIN DE JUSTICE"

Mais ce n'est pas fini. Christelle assure avoir ensuite été harcelée pour garder le silence. "C'est des menaces, des intimidations, des gens qui vous menacent de mort, des e-mails par centaine de menaces de mort et d'insultes", raconte-t-elle. Cela durera trois ans précise-t-elle à Marianne :"Il me disait que c'était de ma faute, que je ne comprenais rien, que j'étais qu'une enfant".

C'est le témoignage d'Henda Ayari qui la pousse à porter plainte. "Il m'a fallu beaucoup d'années pour me reconstruire. Ce n'est pas encore fini. J'ai besoin de la justice", confie-t-elle à l'hebdomadaire.



AYARI SOUS PROTECTION POLICIÈRE

De son côté, Henda Ayari a été placée sous protection policière après avoir reçu des menaces et insultes, a révélé mercredi Le Parisien. Une information confirmée par la suite par l'AFP.

Une plainte contre X a été déposée le 16 novembre dans un commissariat de Rouen où elle réside pour menaces et insultes, y compris menaces de mort, a indiqué son avocat Jonas Haddad. Selon l'avocat, la victime présumée est harcelée depuis un mois de messages sur Facebook et Twitter, sur son répondeur, et par de gens qui viennent sonner chez elle. "Ce n'est pas anodin, ces faits sont passibles de trois ans d'emprisonnement, il faut que ça s'arrête", a déploré Me Haddad.

Dans sa plainte, Henda Ayari évoque le fait qu'elle soit traitée de "putain", "payée par les juifs, les sionistes". La jeune femme a indiqué que certains sur les réseaux sociaux affirmaient qu'elle réalisait "du fric en surfant sur l'islamophobie, également sur le sang des Palestiniens". "Certains disaient que je devais aller me suicider en précisant que M. Ramadan était innocent des faits pour lesquels j'ai déposés plainte", précise Mme Ayari.

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