VIDÉO. Interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie : Blanquer "choqué", la gauche crie au scandale

VIDÉO. Interpellations de lycéens à Mantes-la-Jolie : Blanquer "choqué", la gauche crie au scandale
146 jeunes ont été interpellé jeudi 6 décembre devant le lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Orange avec AFP, publié le vendredi 07 décembre 2018 à 11h12

Un total de 146 jeunes ont été interpellé jeudi devant le lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie, après des incidents. Des images montrent des dizaines de lycéens, mains entravées ou sur la tête, à genoux ou assis au sol, rassemblés dans le jardin d'un pavillon et dans une maison associative voisins.

La journée de mobilisation des lycéens jeudi 6 décembre, réclamant notamment l'abandon des réformes du bac, de la voie professionnelle ou de l'accès à l'université, a dégénéré.

Pas moins de 700 interpellations ont eu lieu à travers la France, dont 146 à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines.

Ces arrestations ont eu lieu après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, où deux voitures ont été incendiées jeudi et où des heurts ont éclaté avec la police. Les mains entravées ou sur la tête, à genoux ou assis au sol, des dizaines de lycéens ont été rassemblés dans le jardin d'un pavillon et dans une maison associative par quelque 70 policiers mobilisés pour cette opération. Des images qui ont fait le tour du web et des médias et qui ont provoqué de vives réactions, notamment à gauche.



La gauche crie au scandale

"Quels que soient les faits reprochés, rien ne justifie cette humiliation de mineurs filmée et commentée", a réagi le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure dans un tweet, appelant les ministres de l'Intérieur Christophe Castaner et de l'Éducation Jean-Michel Blanquer à "réagir vite et bien".



Le député La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a également appelé Christophe Castaner à "condamner et punir les actes indignes de certains policiers présents à Mantes-la-Jolie".

"Que penser d'un pouvoir qui traite ainsi sa jeunesse ? Qu'il ne tient que par la force des matraques. Qu'il n a plus d'avenir. Qu'il est à l'agonie", a commenté le député LFI François Ruffin, tandis que son confrère Insoumis Alexis Corbière s'interroge : "Qu'est-ce qui peut justifier une telle mise en scène ? Qui a donné les ordres aux forces de l'ordre de faire cela ?".



Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste pour les Européennes, a dénoncé des "images inacceptables" et des "procédés" que "rien ne peut justifier". "Glaçant, inadmissible", a résumé Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération.s. "Cela n'est pas la République. La jeunesse française humiliée. Mais que cherche le pouvoir sinon la colère en retour ?"



Blanquer "choqué" mais rappelle "le contexte"

Invité de Franceinter vendredi, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer s'est dit "choqué", mais a tenu à rappeler le "contexte" de violence qui a mené à cette opération.

"L'image est forcément choquante. Il y a eu des images choquantes parce que nous sommes dans un climat de violence exceptionnelle. (...) Il faut faire très attention aux images découpées. Il faut savoir ce qui s'est passé avant, le contexte dans lequel elles se sont passées", a-t-il souligné. "Que s'est-il passé hier (jeudi) à Mantes-la Jolie ? Il y a des éléments extérieurs au lycée, des personnes de plus de 20 ans souvent, qui avaient accumulé des poubelles les jours précédents, ils ont coincé le lycée, rameuté des lycéens parfois venus d'autres départements, ils ont envahi un pavillon, volé des bonbonnes de gaz... Ils ont commis des exactions, attaqué les forces de l'ordre qui ont cherché à les neutraliser et, en les neutralisant, ils les ont mis contre un mur avec les images que l'on voit", a-t-il poursuivi.



"Quand j'ai vu ces images, j'ai été choqué. Mais je demande que, dans ce monde où l'on voit les choses de manière très partielle, on remette les choses dans leur contexte", a-t-il insisté.

"Je ne dis pas que c'est une bonne chose, c'est une mauvaise chose et bien sûr on regardera les suites éventuelles. Mais dans un moment où les forces de l'ordre sont totalement sollicitées dans toute la France, avec des difficultés énormes, des prises de risque incroyables, il faut mettre les choses à leur place", a répété Jean-Michel Blanquer.

La réaction de Castaner

En fin de matinée, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a défendu les interpellations face à de "véritables violences urbaines". Les images "sont dures (...) mais je crois qu'il faut les replacer dans un contexte", a-t-il déclaré, assurant notamment que des dizaines de bouteilles de gaz avaient été jetées "robinet ouvert sur des barricades enflammées" juste avant ces interpellations. Il s'est néanmoins engagé à "rendre publiques les conclusions des enquêtes".

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