VIDÉO. Grève à la SNCF : le trafic perturbé en dehors des jours de mobilisation ?

VIDÉO. Grève à la SNCF : le trafic perturbé en dehors des jours de mobilisation ?
La Gare de Lyon à Paris le 1er juin 2016.

Orange avec AFP, publié le mercredi 21 mars 2018 à 12h27

La CGT-Cheminots proposerait dans un mail, dévoilé par Le Parisien et l'AFP, à ses adhérents de perturber le trafic ferroviaire, même en dehors des jours de mobilisation. "Il n'y a jamais eu de mail interne", défend un porte-parole de l'organisation syndicale, qui accuse la direction de la SNCF de "fouiller dans les poubelles de Facebook pour trouver des arguments visant à discréditer le mouvement des cheminots".

Jeudi 22 mars, la grève à la SNCF va se traduire par la circulation de 40% des TGV, 25% des Intercités et 50% des TER, tandis que 30% des trains d'Île-de-France seront assurés, a indiqué mercredi 21 mars le patron de l'entreprise publique, Guillaume Pepy.

Cette journée de grève n'est qu'une première étape dans la mobilisation des cheminots contre la réforme de la SNCF. Les syndicats appellent en effet à une grève sous une forme inédite à partir du 3 avril : les grévistes cesseront le travail deux jours tous les cinq jours.

Le mouvement social pourrait aller plus loin. "Si jamais nous voyons que ces deux jours de grève ne suffisent pas à désorganiser la production alors nous pourrons toujours durcir le ton", écrit un délégué CGT-Cheminots dans un mail interne envoyé samedi dernier à plusieurs militants de la zone Paris-sud-est, révèle mercredi Le Parisien. Un mail dont l'AFP a également eu copie.



Des perturbations en dehors des jours de mobilisation ?

"Hormis une poignée d'agents, nous sommes incapables de tenir au-delà de 15 jours de grève et nous savons que face à un gouvernement déterminé comme celui que nous avons actuellement il nous faudra tenir bien plus longtemps", prévient le syndicaliste. D'où l'avantage d'une "grève perlée", qui permet de "tenir trois mois tout en ayant quasiment le même impact qu'une grève reconductible classique".

La CGT-Cheminots proposerait par ailleurs de perturber le trafic, même en dehors des jours de mobilisation. "La désorganisation du travail devra se faire également sur les jours ouvrés mais je ne vous en dis pas plus sur ce mail, je pense que vous avez compris où l'on veut en venir". Selon ce mail, la CGT prédirait une belle pagaille au bout de quelques jours. "Les agents ne seront pas au bon endroit, les rames perdues au milieu de nulle part, etc.", prévoit le message. L'entretien des voies et du matériel deviendra vite impossible."La direction sera totalement perdue et incapable d'anticiper quoi que ce soit", et les plans de transport annoncés par la direction à 17h les veilles des jours de grève annoncés seront impossibles à tenir, estime le mail.

Interrogé par Le Parisien, le délégué CGT incriminé assure qu'il ne s'agit en aucun cas "de préparer des actes de sabotages. Nous ne ferons qu'appliquer scrupuleusement le règlement. Par exemple, si le programme d'un conducteur prévoit un terminus à telle gare pas question d'aller au-delà si la direction le demande". "Jamais dans l'histoire de la SNCF, les cheminots n'ont été aussi violemment attaqués et humiliés. Nous ne faisons que nous défendre", se justifie-t-il. "Quand on dit 'je ne vous en dis pas plus sur ce mail', c'est qu'on s'apprête à faire des actions qui ne sont pas légales."

"L'immense majorité des cheminots ne se reconnaît pas dans ces menaces"

"Est-ce qu'il s'agit d'actes de malveillance ? Est-ce qu'il s'agit de porter atteinte aux installations ? L'auteur de ce mail doit s'expliquer. L'immense majorité des cheminots ne se reconnaît pas dans ces menaces", a réagi mercredi matin sur RTL le patron de la SNCF Guillaume Pepy (à partir de 6'30''). "C'est comme si on préméditait une grève low cost pour les salariés et une gêne maximale pour les usagers. C'est une menace incompréhensible pour les Français", a-t-il poursuivi.



"'La direction sera totalement perdue et incapable d'organiser quoi que ce soit', écrivent-ils. On organiserait la désorganisation. Mais ça, ce n'est pas la SNCF, ce n'est pas les cheminots, ce n'est pas le service public. Je n'ai jamais vu qu'on appelle à des actes pour désorganiser la production. Je trouve ça très grave", a-t-il déploré.

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a réagi de son côté sur RMC en disant qu'elle "ne peu(t) pas croire que les cheminots adhèrent à ces méthodes" et en répétant que "la bonne démarche, c'est la négociation".

La CGT répond

La CGT-Cheminots a ensuite accusé la direction de la SNCF de "fouiller dans les poubelles de Facebook pour trouver des arguments visant à discréditer le mouvement des cheminots". "Il n'y a jamais eu de mail interne" du syndicat, a affirmé à l'AFP Cédric Robert, porte-parole de l'organisation. "C'est la preuve d'un manque de sérénité évident et d'une fébrilité sérieuse" de la direction, "ce n'est pas digne de dirigeants d'une entreprise publique", a-t-il ajouté.

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