VIDÉO. Grenoble : amputé d'une jambe après une fracture, il porte plainte contre l'hôpital

VIDÉO. Grenoble : amputé d'une jambe après une fracture, il porte plainte contre l'hôpital
Deux médecins opèrent au CHU d'Angers le 24 octobre 2013.

Orange avec AFP, publié le lundi 20 novembre 2017 à 19h18

TÉMOIGNAGE. "Quand on va à l'hôpital pour une simple fracture du plateau-tibia, on ne repart jamais avec une jambe en moins", dénonce Thomas, 21 ans, auprès du Parisien.

Pour établir les responsabilités de chacun, le jeune homme va porter plainte au parquet de Grenoble (Isère).

Depuis le 7 février dernier, la vie de Thomas, 21 ans, a changé. Tout a commencé par une mauvaise chute en trampoline dans le cadre de son travail. Le jeune homme, étudiant en BTS tourisme en alternance dans une salle de trampoline de Grenoble, retombe avec sa jambe "à l'équerre", comme il l'explique au Parisien lundi 20 novembre. Le reste est une succession de négligences du corps médical lui coûteront sa jambe droite à la suite d'une amputation.

"J'ai eu un problème de prise en charge" à la suite d'une blessure "grave, mais assez banale", explique le jeune homme. Tout d'abord, il est confronté un médecin régulateur du Samu, un peu agressif selon lui, qui lui demande d'essayer par lui-même de "remettre (son) genoux dans l'axe", comme en atteste l'extrait sonore diffusé. "J'ai mis longtemps, j'avais super mal", se souvient Thomas, qui ne sent alors presque plus son pied.



"UN ENCHAÎNEMENT DE MAUVAISES DÉCISIONS DE LA PART DU CORPS MÉDICAL"

Il est finalement pris en charge par les pompiers et évacué vers l'hôpital Nord de Grenoble où un médecin lui prescrit vers 3 heures du matin un examen qui permet de visualiser les vaisseaux sanguins. Mais celui-ci ne sera réalisé qu'à 10 heures. L'examen montre que l'artère dite "poplitée", située derrière le genou, est "arrêtée net", selon le rapport médical. Ce qui signifie que la jambe n'est plus irriguée en sang depuis l'accident et que les probabilités qu'il puisse garder sa jambe sont minimes.

L'après-midi, au moment de l'opération, le chirurgien anticipe un "risque d'amputation majeure possible dans les prochains jours". Ce qui arrive une semaine plus tard, alors que les muscles ne réagissent plus. "Je n'avais pas le choix. J'ai choisi de vivre", confie le jeune homme. Le 16 février, il est amputé.

"Quand on va à l'hôpital pour une simple fracture du plateau-tibia, on ne repart jamais avec une jambe en moins", regrette-t-il, dénonçant un "enchaînement de mauvaises décisions de la part du corps médical". C'est ce qui a conduit Me Edouard Bourgin à engager plusieurs procédures pour faire la lumière sur ce drame. Il réclame tout d'abord une demande d'indemnisation provisoire afin que Thomas puisse être équipé d'une prothèse perfectionnée, puis va déposer plainte cette semaine au parquet de Grenoble.

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