VIDÉO. George Tron jugé pour viols : le témoignage des plaignantes

VIDÉO. George Tron jugé pour viols : le témoignage des plaignantes

Georges Tron le 2 février 2012 à Longjumeau (Essonne).

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Orange avec AFP, publié le mardi 12 décembre 2017 à 10h19

JUSTICE. L'ancien secrétaire d'État de François Fillon comparaît mardi et pour neuf jours devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, accusé de viols en réunion par deux anciennes employées de la mairie de Draveil (Essonne) qu'il dirige toujours.

À la veille de l'audience, Georges Tron assurait être "sans appréhension", espérant "que (le procès) servira(it) à éclaircir des tas de choses qui auraient dû l'être depuis longtemps".

L'ancien secrétaire d'État à la Fonction publique (2010-2011), ex-député de l'Essonne et actuel maire Les Républicains (LR) de Draveil (30.000 habitants) comparaît à partir de mardi 12 décembre devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, tout comme son ancienne adjointe, Brigitte Gruel, présentée comme sa maîtresse. Tous les deux sont soupçonnés de viols en réunion, d'agressions sexuelles et harcèlement sur deux ex-employées municipales de Draveil.

L'affaire a éclaté en mai 2011, peu après la retentissante arrestation à New York de Dominique Strauss-Kahn, et avait poussé Georges Tron à démissionner du gouvernement Fillon. Les deux femmes décrivent des massages sous couvert de réflexologie plantaire, dérapant vers des attouchements et des pénétrations digitales, entre 2007 et 2010.

LA RÉFLEXOLOGIE DÉRAPE

"Dès que l'occasion se présentait, c'était un tripotage de pied, sous couvert de réflexologie. Jusqu'au jour où il est allé plus loin et il m'a agressée en présence de son adjointe Brigitte Gruel. Jusqu'à la pénétration digitale", témoigne mardi Virginie Faux, l'une des deux plaignantes, sur Europe 1.



"Il prenait comme prétexte de vouloir me prodiguer une aide pour me détendre", à confié de son côté l'autre plaignante, Éva Loubrieu, à France 3. Mais rapidement, "ce n'était plus des messages de pieds. Il s'agissait de mon mollet de ma cuisse, de me détendre au niveau de mon torse et de mes seins. Ce n'était plus du tout de la réflexologie". Dans ces moments-là, la quadragénaire raconte avoir été "tétanisée" : "Je n'ose rien faire, rien dire. Il m'ordonne de fermer les yeux, d'écarter les cuisses pour laisser passer l'énergie. Je refuse, alors il le fait"."Ce sont des viols", assure-t-elle. Elle explique par ailleurs que Georges Tron menaçait de la licencier si elle ne se soumettait pas à ses désirs et à ceux de Brigitte Gruel.

UN COMPLOT ?

Depuis le début, George Tron dénonce les "mensonges" des deux femmes et y voit un complot politique orchestré par ses opposants, proches, selon lui, de la famille Le Pen. "Dans ces cas-là, il n'y a pas de traces ADN, il n'y a pas de témoins donc c'est parole contre parole, déplore Virginie Faux. Avec le choc, on oublie certaines choses, on se souvient d'autres... Si c'était un complot pour lui nuire, j'aurais appris un texte par cœur et tout aurait été bien précis avec les mêmes mots. Aujourd'hui, c'est peut-être aussi mes incohérences qui prouvent que rien n'a été préparé".

"Ça fait six ans que j'attends que ce procès ait lieu, poursuit-elle. Même si les années passent, c'est une personne qui m'impressionne toujours, qui me fait très, très peur. Entendre sa voix, avoir son parfum, ça va réveiller des choses très compliquées à gérer émotionnellement."

TRON MENACE DE "BALANCER"

L'affaire arrive aux assises alors que plusieurs magistrats avaient estimé qu'il n'y avait pas matière à juger le maire de Draveil et son adjointe. En 2013, après deux ans et demi d'enquête, deux juges d'instruction d'Évry (Essonne) avaient prononcé un non-lieu. L'année suivante, saisie par les plaignantes, la cour d'appel de Paris avait finalement renvoyé le dossier devant les assises, malgré la demande de non-lieu du parquet général. "Le fait qu'il y ait des décisions contraires démontre que le renvoi n'a pas été pris à la légère", a estimé Alexandre-M. Braun, qui représentera Éva Loubrieu avec sa consœur Éva Touboul.

La cour d'appel avait souligné que cinq autres femmes avaient décrit dans les mêmes termes que les plaignantes les pratiques sexuelles de l'édile, seul ou avec son adjointe. Elle avait également considéré que les "dénégations absolues" des deux élus "suggèrent une volonté de dissimulation de leurs mœurs qui n'est pas en faveur de leur sincérité". Elle s'était aussi interrogée sur l'existence de "dossiers" constitués sur les deux plaignantes.

Pour Vincent Ollivier, avocat de Virginie Faux, "on a essayé de les dénigrer", en mettant en doute "leur moralité et leur équilibre psychologique". "J'ai viré Mme Loubrieu pour détournement de fonds publics, plus de 5.000 euros (...) Je n'ai pas renouvelé le contrat de Mme Faux en raison de son comportement. Quelques jours après le deuxième viol allégué, elle a participé à une soirée en mairie, au cours de laquelle elle a saisi les partie génitales d'un de mes adjoints, s'est fortement alcoolisée puis a fini pieds nus dans la neige", a notamment raconté Georges Tron dimanche 10 décembre dans le Journal du dimanche.

L'élu LR compte se battre lors de ce procès, durant lequel il sera défendu par le ténor du barreau Éric Dumpond-Moretti. "Jusqu'à présent, j'ai été pudique mais au cours de ce procès, je vais sortir de ma réserve et balancer moi aussi", a-t-il menacé dans les colonnes de l'hebdomadaire.

"Qu'ils fassent de la prison ou pas, ça ne m'intéresse pas. Tout ce que je veux, c'est qu'on me dise : 'vous êtes victimes et ils sont coupables'. À ce moment-là, je pourrai tourner la page et me reconstruire", a de son côté assuré Virginie Faux.
 
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