VIDÉO. Évasion de Redoine Faïd : "Je n'avais pas le choix avec deux colts sur la tête", raconte le pilote

VIDÉO. Évasion de Redoine Faïd : "Je n'avais pas le choix avec deux colts sur la tête", raconte le pilote
L'hélicoptère qui a permis à Redoine Faïd de s'évader de la prison de Réau, le 1er juillet 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 04 juillet 2018 à 10h45

Les complices étaient déjà venus plusieurs fois effectuer des vols d'hélicoptère avec Stéphane Buy, le pilote pris en otage.

Il a d'abord pensé à "un père qui voulait faire plaisir à son fils". Stéphane Buy, le pilote de l'hélicoptère pris en otage par les complices de Redoine Faïd qui s'est évadé de la prison de Réau (Seine-et-Marne), dimanche 1er juillet, a témoigné au micro de RTL, mercredi 4 juillet.



"J'allais bien jusqu'à hier soir (...), mais j'ai l'impression que ce matin le stress est beaucoup plus fort", a débuté Stéphane Buy au micro de la radio.

Dimanche 1er juillet, ce pilote d'hélicoptère arrive au club d'aéronautique de Lognes (seine-et-Marne). Deux individus arrivent pour faire un baptême de l'air : "C'était la deuxième ou troisième fois que je les voyais", a-t-il expliqué au micro de RTL. Le pilote d'hélicoptère ne s'inquiète pas et pense à "un père qui voulait faire plaisir à son fils".

"C'est là que ça a été le cauchemar"

"Je pense qu'ils ont dû bien se renseigner sur la manière dont je pilotais", a déclaré le pilote qui totalise près de 3.000 heures de vol. Les deux hommes, âgés d'une cinquantaine et d'une vingtaine d'années, demandent à faire leur "baptême" sur l'hélicoptère Alouette II, mais Stéphane Buy refuse car l'appareil n'est pas adapté et le plein n'est pas fait. C'est à ce moment-là que les deux hommes deviennent violents et menacent sa famille. Stéphane Buy coopère et décide de faire le plein de l'appareil. L'appareil décolle avec, à son bord, le pilote et les deux complices. Ces derniers lui ordonnent, à coups de crosse dans la tête, de se poser sur un terrain vague : "Je n'avais pas le choix avec deux colts sur la tête", a déclaré Stéphane Buy au micro de la radio.

Au sol, "ils me demandent de couper la turbine et de mettre la tête sur le manche", raconte le pilote qui entend que d'autres personnes sont présentes et qu'ils chargent du matériel. Au moment de repartir, l'hélicoptère ne démarre pas. Les complices de Redoine Faïd pensent alors qu'il simule une panne et reçoit "des coups de crosse de plus en plus forts" : "C'est là que ça a été le cauchemar", a confié Stéphane Buy. "Ça a duré très longtemps (...) et ils étaient de plus en plus méchants." Stéphane Buy, sorti pour réparer l'appareil, reçoit un coup sur la tempe et s'évanouit quelques secondes.

"Je ne savais pas à qui j'avais affaire"

L'appareil finit par redémarrer. "À un moment donné, ils ne trouvaient plus la prison", a-t-il raconté. "Je ne me sens pas en danger du tout, je suis tellement concentré sur mon vol", explique le pilote qui se pose dans la cour d'honneur de la prison de Réau. Des complices vont chercher Redoine Faïd pendant qu'un homme reste avec lui et "le menace toujours".

Le braqueur de 46 ans, qui monte dans l'appareil, "était très silencieux", se souvient Stéphane Buy. "Je ne savais pas à qui j'avais affaire", a expliqué le pilote, qui n'a été informé que plus tard par la police. L'appareil repart et se pose quelques minutes plus tard près du Bourget, au bord d'une route. Redoine Faïd et ses complices libèrent Stéphane Buy, mettent le feu à l'hélicoptère avant de s'enfuir.

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