VIDÉO. Ces jihadistes français qui demandent à rentrer en France

VIDÉO. Ces jihadistes français qui demandent à rentrer en France
Capture d'écran d'une vidéo du groupe État islamique

Orange avec AFP, publié le lundi 30 octobre 2017 à 10h39

RÉCIT. LCI diffuse lundi 30 octobre le témoignage rare d'un jihadiste français capturé à Raqa par les combattants kurdes.

"J'aimerais revenir en France", clame-t-il aujourd'hui.

La chute de Raqa, la place forte du groupe État islamique (EI) en Syrie prise il y deux semaines par une force arabo-kurde soutenue par la coalition internationale antijihadiste, a porté un sérieux coup au groupe jihadiste. Le sort de ses combattants n'est pas pour autant réglé.

"J'aimerais revenir en France", clame lundi 30 octobre face aux caméras de LCI Hocine. Cet ancien professeur de langues au chômage a rejoint les rangs de Daech en Syrie en 2015. Il s'est fait capturer par les forces kurdes lors de la chute de Raqa.

Il avait une place importante au sein de l'administration de l'EI. "On m'a confié le bureau du mariage, explique-t-il. Les sœurs qui avaient perdu leur mari, on les mettait dans un endroit spécifique et là, on leur proposait un mariage". Il assure ne pas avoir suivi d'entraînement au combat. "On était quatre vieux. On était de côté, on regardait les gens faire. Notre mission était de noter les gens, c'est tout". Il affirme qu'il n'approuvait pas la charia mais qu'il était contraint de l'accepter.

"Je ne dis pas que je suis une victime. Je suis venu de mon propre gré", explique Hocine, qui reconnaît avoir "commis une faute", celle d'être allé en Syrie. "Je regrette vraiment. J'aimerais revenir en France, continuer ma vie comme j'étais avant, j'étais tranquille."



UNE FAMILLE FRANÇAISE PRÊTE À ASSUMER SES ACTES

Hocine n'est pas le seul à vouloir rentrer au pays. RTL révèle lundi que, depuis leur cellule à l'est de la Syrie, des jihadistes français ont contacté leur famille, puis un avocat : ils veulent rentrer en France avec leurs trois enfants, dont un bébé né en Syrie.

"Ils veulent rentrer en France et ils sont prêts à répondre de leurs actes. Ils seront mis en examen et sans doute incarcérés. Ils le savent et trouvent même que c'est normal. Ils savent qu'ils ont fait l'erreur la plus gravissime de leur vie. Et cette lucidité me facilite la tâche", explique leur avocat William Bourdon.



Saisi par l'avocat, le quai d'Orsay n'a pas encore répondu. Le dossier de cette famille, comme celui d'Hocine, est très sensible. En effet, les Kurdes pourraient vouloir les juger eux-mêmes.

Par ailleurs, si la France se dit prête à rapatrier les mineurs passés par Daech, aucune position sur les adultes n'a été arrêtée. Dernièrement, Florence Parly, la ministre des Armées a jugé que "c'était tant mieux" si des jihadistes français mourraient dans les combats à Raqqa.

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