VIDÉO - Aulnay-sous-Bois : le gouvernement se dit "solidaire" de Théo

VIDÉO - Aulnay-sous-Bois : le gouvernement se dit "solidaire" de Théo
Bernard Cazeneuve à l'Assemblée le 8 février 2017.

Orange avec AFP, publié le mercredi 08 février 2017 à 18h41

FAITS DIVERS - Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a adressé un message de solidarité au jeune homme, hospitalisé après une interpellation, et exprimé le "respect profond" du gouvernement pour ses appels au calme.

Si l'enquête sur le viol présumé de Théo à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) lors d'une arrestation brutale est en cours, le gouvernement semble d'ores et déjà avoir pris le parti du jeune homme de 22 ans. Mardi 7 février, François Hollande s'est rendu à son chevet à l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois, expliquant qu'il entendait par sa présence "souligner combien" Théo, un "jeune qui avait toujours été connu pour (son) comportement exemplaire", "avait réagi avec dignité et avec responsabilité après ce qui lui est arrivé".

Le jeune homme a exhorté de son côté les jeunes à ne "pas faire la guerre" et à "rester unis", affirmant avoir "confiance en la justice", alors que des violences ont lieu depuis samedi soir dans la cité des 3.000 où il s'est fait interpeller.

Mercredi 8 février, Bernard Cazeneuve a salué une telle initiative. "Aucune violence, jamais, ne peut être acceptée de la part de ceux qui sont investis de la responsabilité de maintenir l'ordre", a affirmé le Premier ministre à l'Assemblée lors des questions au gouvernement, avant d'adresser un message au jeune homme : "Je tiens donc à dire au nom du gouvernement à ce jeune garçon (...) notre solidarité et notre respect profond pour les propos qu'il a tenus hier sur son lit d'hôpital." Un message applaudi dans l'hémicycle.



"Lorsqu'il y a des manquements, il doit y avoir la plus grande fermeté à l'encontre de ceux qui se trouvent à l'origine de ces manquements sinon il n'y a pas d'ordre républicain possible", a conclu le chef du gouvernement. La veille, il avait déjà réclamé "la plus grande fermeté" quand "il y a des manquements graves" des forces de l'ordre.

L'ENSEMBLE DE LA CLASSE POLITIQUE CONDAMNE LES POLICIERS...

Dimanche, un des policiers impliqués dans l'arrestation de Théo, âgé de 27 ans, a été mis en examen pour viol et ses trois collègues de 24, 28 et 35 ans pour violences volontaires en réunion. Les quatre hommes ont été suspendus. De Jean-Luc Mélenchon à Jean-François Copé, les politiques ont fustigé leurs agissements.

"L'affaire Théo est le scandale de trop : la police doit être républicaine", a estimé La France Insoumise de M. mélenchon dans un communiqué mardi 7 février, en exprimant son "soutien total à Théo et à sa famille", tandis que le candidat socialiste Benoît Hamon a dénoncé des violences "inacceptables". "Seule l'exemplarité est républicaine. A défaut, la défiance frappe toute l'institution #AvecTheo", a pour sa part tweeté l'ancienne garde des Sceaux Christiane Taubira.



À droite, plusieurs élus Les Républicains ont réclamé mercredi des "sanctions exemplaires". "Il y a une procédure en cours. Si les faits sont avérés, c'est monstrueux et ça doit donner lieu (...) à une très grave sanction", a jugé le député-maire de Meaux Jean-François Copé à l'antenne de BFMTV/RMC, soulignant son "indignation et son écœurement".
Christian Estrosi a lui salué la "visite du Président de la République". "Je crois qu'elle était essentielle", a déclaré le président LR de Provence-Alpes-Côte d'Azur. "Je dis que quelques voyous de la police qui seraient à l'origine de cette tragédie doivent être sanctionnés extrêmement lourdement. Un viol c'est un crime, un acte criminel, et trois individus n'ont pas le droit de salir toute la police française", a-t-il également fustigé sur RTL. Saluant également "le geste du Président de la République", le député de l'Oise, Éric Woerth, a adressé sur France Inter une pensée "à tous les policiers qui font bien leur travail, qui travaillent souvent dans des conditions absolument épouvantables, et qui se voient salis par le geste d'un des leurs".

... SAUF MARINE LE PEN

Si l'ensemble de la classe politique condamne les policiers, Marine Le Pen fait figure d'exception. "Mon principe de base, c'est d'abord : je soutiens les forces de police et de gendarmerie, sauf démonstration par la justice qu'ils ont commis un délit ou un crime", a déclaré mardi sur LCI la présidente du Front national. Interrogée sur l'intervention "musclée" des quatre policiers, elle a répondu : "musclée mais on ne sait pas dans quel contexte cette arrestation a eu lieu donc se baser comme ça sur des images, c'est quand même assez périlleux".

"Moi, je crois que les policiers et les gendarmes travaillent dans des conditions absolument épouvantables et particulièrement les policiers qui travaillent en banlieue. C'est extrêmement compliqué pour eux sur le plan matériel, sur le plan moral, souvent ils ne sont pas soutenus par leur hiérarchie", a ajouté la candidate FN à l'élection présidentielle. "Je pense qu'il ne faut pas les clouer au pilori. Quand il y a un problème, sur des dizaines de milliers d'arrestations qu'ils peuvent effectuer, alors la justice est saisie avec célérité et ils auront l'occasion de se défendre devant elle", a-t-elle assuré.

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